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Ebola : MSF appelle à un renforcement urgent de la réponse médicale internationale en Ituri
Deux mois après la déclaration officielle de l'épidémie de maladie à virus Ebola en RDC, qui compte près de 2 000 cas confirmés et plus de 700 décès, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à un renforcement urgent de la réponse médicale.
L'épidémie continue de se propager à un rythme sans précédent et dans de nouvelles zones, tandis que les efforts pour la maîtriser restent insuffisants.
Le système de surveillance de la RDC est conçu pour détecter les cas à un stade précoce grâce à de solides réseaux communautaires et au système de santé local. Cependant, l'épidémie actuelle d'Ebola, combinée à de multiples autres urgences sanitaires, a poussé le système à ses limites, indique un communiqué de presse de MSF rendu public hier, mercredi 15 juillet.
« Nous ne pouvons pas continuer à faire face à l'épidémie avec les mêmes ressources limitées alors qu'elle continue de nous dépasser », déclare Trish Newport, responsable du programme d'urgence de MSF. « Seule une réponse médicale solide, dotée de ressources suffisantes et reflétant véritablement l'ampleur des besoins sur le terrain, peut empêcher cette épidémie de se transformer en une crise que nous ne serons plus en mesure de contenir. Pour y parvenir, un soutien international accru est nécessaire de toute urgence ».
ITURI CONCENTRE ENVIRON 90 % DE L'ENSEMBLE DES CAS
Pour ralentir et, à terme, enrayer la propagation de l'épidémie, il est essentiel de rapprocher la réponse des communautés tout en renforçant l'intervention médicale et le système de surveillance, afin que les cas puissent être identifiés et isolés le plus tôt possible. Les efforts visant à étendre le dépistage, la recherche des contacts et l'implication des communautés doivent également se poursuivre.
Selon MSF, les restrictions de circulation, notamment la fermeture des frontières, les obligations d'auto surveillance et les mesures affectant le personnel humanitaire et médical mises en place par les autorités de la RDC et d'autres pays, créent des difficultés supplémentaires pour le déploiement et la rotation du personnel spécialisé dans la lutte contre Ebola.
La province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie, concentre environ 90 % de l'ensemble des cas confirmés.
« À Mongbwalu, nous constatons chaque jour les conséquences mortelles de ces lacunes sur la population », explique Ayokunnu Raji, médecin et responsable des programmes médicaux de MSF. « Au centre de traitement d'Ebola, nous continuons à voir arriver des patients dans un état critique, avec peu de chances de survie. Depuis que MSF a lancé ses interventions contre Ebola, nous avons soigné 57 survivants, mais plus de 110 patients sont décédés. Un renforcement des ressources nationales et internationales contribuerait à prévenir la poursuite de la transmission et de nouvelles pertes humaines ».
« NOUS CONTINUONS À ACCUEILLIR DES PATIENTS QUI ARRIVENT TROP TARD »
« À Bunia, le centre de traitement d'Ebola d'Elikiya, doté de 90 lits, fonctionne presque toujours à pleine capacité. Les gens nous disent régulièrement qu'ils préfèrent attendre chez eux et ne venir que lorsqu'un lit se libère », explique Sylvie Kaczmarczyk, coordinatrice des urgences de MSF à Bunia. « Par conséquent, nous continuons à accueillir des patients qui arrivent trop tard et qui sont déjà dans un état critique. Il est déchirant de savoir que bon nombre de ces décès auraient pu être évités grâce à un diagnostic plus précoce et à un accès rapide aux soins et aux traitements ».
En l'espace de deux mois seulement, l'épidémie actuelle de maladie d'Ebola, causée par le virus Bundibugyo, est devenue la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée et celle qui connaît la progression la plus rapide. En moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, passant de 650 à près de 2.000 au 12 juillet, tandis que le nombre de décès a plus que quintuplé, passant de 130 à plus de 700. L'épidémie a déjà dépassé la moitié du nombre de cas enregistrés lors de l'épidémie d'Ebola de 2018-2020 en RDC, qui a duré près de deux ans.
Fyfy Solange TANGAMU