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DRAME HUMANITAIRE AU NORD-KIVU ET AU SUD-KIVU : 300.000 déplacés de nouveau en fuite, alerte la croix rouge
La situation humanitaire dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo est dramatique. Depuis fin 2024, la résurgence des affrontements armés a plongé des centaines de milliers de civils dans une détresse extrême. Selon la Croix-Rouge de la RDC, le CICR et la Fédération internationale, les derniers combats à Goma, capitale du Nord-Kivu, ont entraîné une nouvelle vague massive de déplacements.
Au-delà des milliers d'habitants de la ville qui ont fui, près de 300 000 personnes jusque-là réfugiées dans des camps à la périphérie ont également dû prendre la route, laissant tout derrière elles.
"Nous sommes inquiets pour ces personnes déplacées qui étaient déjà très vulnérables", s'alarme Grégoire Mateso Mbuta, président de la Croix-Rouge congolaise. Les violences ont en effet causé des centaines de victimes civiles, dont les corps gisent dans les rues. Les morgues des hôpitaux de Goma sont saturées et près de 190 volontaires de la Croix-Rouge travaillent sans relâche pour procéder à leur récupération et à leur inhumation digne.
La situation à Goma et Bukavu est qualifiée de "très préoccupante" par les acteurs humanitaires. Les bombardements ont endommagé les infrastructures, coupant l'approvisionnement en eau et en électricité. Le CICR s'efforce de rétablir ces services essentiels, tout en apportant un soutien médical d'urgence. Ses établissements partenaires ont en effet accueilli dix fois plus de blessés en janvier 2025 qu'un mois plus tôt, parmi lesquels de nombreux civils, femmes et enfants.
" L'intensification du conflit risque d'aggraver l'insécurité alimentaire déjà persistante",prévient Mercy Muthee Laker, de la Fédération internationale. Cette dernière apporte son soutien aux activités d'urgence de la Croix-Rouge congolaise, qui a notamment pu aider près de 95.000 personnes déplacées et familles d'accueil dans le Nord-Kivu depuis un an.
Mais la situation reste extrêmement précaire. " Plus les hostilités se poursuivent, plus les besoins déjà énormes augmentent ", alerte Mme Laker. Les équipes humanitaires, qui travaillent sans relâche, ont besoin d'un accès sécurisé pour pouvoir apporter une assistance vitale aux populations affectées, en zones urbaines comme rurales.
Face à cette crise "complexe et sans précédent", les acteurs du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge appellent instamment les belligérants à respecter le droit international humanitaire et à faciliter leur action. Car des milliers de vies sont en jeu dans l'est de la RDC.
DBT