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Des agents de l'Etat en liesse à l'annonce de la reprise de la mise à la retraite
Lors de la réunion du conseil des ministres du vendredi 11 juillet 2025, le gouvernement a annoncé la reprise de l’opération de mise à la retraite de plusieurs agents publics de l’État. Cette annonce a été accueillie avec grande joie par plusieurs cadres et agents, qui voient enfin venir une sortie digne de la fin de leur carrière.
Pour rappel, en 2022, près de 11.000 agents dont certains avaient atteint la nonantaine étaient partis en retraite. Les informations en notre possession indiquent que cette opération a été rendue possible grâce à un appui du Fonds monétaire international (FMI) qui fait de la réforme de l’administration publique un des préalables à son partenariat avec le gouvernement congolais.
Malheureusement, depuis 2023, le processus s’est arrêté pour des motifs qui n’ont jamais été portés à la connaissance du public. À ce jour, le ministère de la Fonction publique parle de 314.000 agents, toutes catégories confondues, éligibles à la retraite. Un chiffre vertigineux qui aurait dû être évité si l’administration publique était soumise à une gouvernance rigoureuse.
Si l’autorité budgétaire, c’est-à-dire le Parlement, avait joué sa partition nous n’en serions pas arrivés à ce montant gastronomique. Si les députés et sénateurs qui votent le budget chaque année avaient été vigilants, ils auraient inscrit cette dépense prioritaire dans la rubrique y afférente.
Pour mettre fin à cet imbroglio, le gouvernement vient de décider de relancer ce processus basé sur un plan décennal reposant sur deux mécanismes financiers: un fonds spécial logé à la Banque centrale du Congo, alimentée à hauteur de 20 milliards de FC par mois (prévu dans la loi des finances 2025), et un partenariat avec les banques payeuses dès 2026: les banques avanceraient les indemnités de retraite, et l’État les rembourserait ensuite par des mensualités, sans toucher au budget.
À ce sujet, l’État et lesdites banques signeraient un protocole d’accord, s’appuyant sur l’article 15 sur les finances publiques, afin d’éviter tout endettement. Pour ce, il est prévu la mise en place d’une commission interministérielle chargée de piloter le dispositif avec la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP), la Présidence de la République, la Primature et les ministères concernés.
Pourquoi avoir accumulé tant d’arriérés?
Face à cette triste situation, la question que d’aucuns se posent est celle de savoir pourquoi les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays ont laissé accumuler tant d'arriérés alors que le statut du personnel de carrière des services publics de l’État est clair concernant les conditions de retraite de ce personnel. À l’âge de 65 ans, tout agent est éligible à la retraite. Mais, la Fonction publique a laissé le personnel vieillir jusqu’à dépasser le seuil du tolérable. Il y a de ces agents qui sont partis d’eux-mêmes sans tambour ni trompette, épuisés par le poids de l’âge.
Alors que dans d’autres administrations, la carrière des cadres et agents se termine par la fête avec remise des cadeaux aux retraités, à l’administration publique, le départ à la retraite constitue un moment des stress, de deuil car considéré comme envoi à la mort.
L’État congolais est invité à sortir de son comportement semblable à l’infanticide, dès lors qu’il abandonne ses propres fonctionnaires à leur merci.
En plus, il n’est pas normal que ça soit les partenaires internationaux qui poussent la RDC à moderniser son administration alors que nos autorités n’en font pas leur priorité. Plus de 65 ans après l’indépendance, nous ne devons pas diriger notre pays sous pression extérieure. Nous devons gérer aevc beaucoup de responsabilité.
À ce sujet, l’Observatoire de la dépense publique (Odep), demande au gouvernement de surseoir à ce processus tant qu’un plan d’impact social détaillé, budgétisé et validé par les parties prenantes n’aura pas été élaboré, quand bien même le gouvernement a déclaré qu’aucun fonctionnaire ne doit être remplacé ni radié du fichier de paie tant qu’il n’a pas reçu les avantages liés à sa fin de carrière.
Muke MUKE