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De la prison à la conquête du pouvoir en 2028 : Kabund, le rêve d'un mandela congolais
Libéré de la prison de Makala le 21 février dernier après avoir purgé deux ans et demi derrière les barreaux, Jean-Marc Kabund ne compte pas rester dans l'ombre. L'ancien bras droit du président Félix Tshisekedi a annoncé, lors d'une interview accordée à RFI publié hier jeudi 6 mars, son ambition de briguer la magistrature suprême en 2028.
Porté par une volonté de rupture avec le régime en place, Jean-Marc Kabund entend donc se positionner comme une alternative crédible pour la RDC en 2028. Kabund s'imagine un destin similaire à celui de Nelson Mandela, ambitionne de transformer son épreuve carcérale en tremplin pour la conquête du pouvoir.
" Bien sûr. Je crois qu'après avoir quitté le pouvoir pour ses convictions, je crois que nous avons suffisamment acquis d'expérience et de notoriété, ce qui pourra nous permettre de bien gouverner, de bien gérer ce pays au fait ! ", annonce-t-il.
Son passage en tôle, qu'il considère comme une persécution politique, n'a en rien entamé sa détermination. De ce fait, il ne voit aucun motif de gratitude envers le pouvoir en place.
Par ailleurs, il affirme que de nombreux prisonniers politiques croupissent encore derrière les barreaux. Il cite notamment Jacky Ndala ainsi que plusieurs généraux katangais, tels que Philémon Yav et Zelwa Katanga, détenus sans jugement.
" Je ne crois pas que ma libération puisse faire l'objet d'un marchandage politique. J'ai été victime de persécutions politiques, condamné à une peine de sept ans et j'ai passé 30 mois en prison. Cette injustice, je crois qu'elle ne pourra jamais être réparée. Il faut avouer qu'il y a une forte pression depuis que j'étais en prison, tant par la communauté internationale que par l'opinion publique interne du Congo. Je crois que Félix Tshisekedi faisant face à cette pression a dû lâcher du lest.
Depuis sa libération, il multiplie les rencontres avec d'autres opposants, notamment Martin Fayulu, et ne ferme pas la porte aux discussions avec des figures comme Joseph Kabila.
" Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas être en contact avec lui ", dit-il, ouvrant ainsi la voie à de potentielles alliances stratégiques pour 2028.
Concernant la formation d'un gouvernement d'union nationale, proposée récemment par Tshisekedi pour faire face à la crise sécuritaire dans l'Est de la RDC, Kabund reste inflexible. " Ce gouvernement ne résoudra rien du tout ", affirme-t-il, rejetant ainsi toute main tendue du pouvoir en place.
À ses yeux, la seule issue viable passe par un dialogue en deux étapes : d'abord entre Kinshasa et Kigali sous la facilitation de la communauté internationale, puis entre le gouvernement congolais et toutes les forces politiques et sociales, y compris le M23/AFC. Il qualifie par ailleurs l'avancée du M23 dans l'Est d'" inacceptable " et appelle le Rwanda à retirer ses troupes pour que la RDC retrouve la paix.
Jean-Marc Kabund ne mâche pas ses mots sur la situation politique et sécuritaire du pays. Pour lui, sa libération ainsi que celle de deux autres figures de l'opposition, Mike Mukebayi et Seth Kikuni, n'est pas un geste de clémence de Tshisekedi, mais une obligation face aux pressions nationales et internationales.
Il interpelle également Corneille Nangaa, ex-président de la CENI et actuel dirigeant du M23, l'appelant à cesser les violences. " Ce qu'il est en train de faire, on l'a déjà vécu avec Mzee Kabila. Il doit arrêter de verser le sang des Congolais et revenir vite", a-t-il insisté.
En revanche, il exclut toute participation à un gouvernement sous Tshisekedi, même si certaines conditions étaient remplies. "La gouvernance doit être basée sur un programme, sur une vision claire, et je ne vois pas aujourd'hui Tshisekedi garantir cela ", tranche-t-il.
Ancien président par intérim du parti au pouvoir UDPS, Jean-Marc Kabund a connu une ascension fulgurante avant de tomber en disgrâce en 2022, année où il fut condamné à sept ans de prison pour propagation de faux bruits et outrage au chef de l'État. Aujourd'hui libre, il refuse catégoriquement toute idée de réconciliation avec Félix Tshisekedi.
" Je ne trouve pas l'intérêt de lui parler. Mais si lui le désire, je ne lui fermerai pas la porte ", a-t-il déclaré.
Christian-Timothée MAMPUYA