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De Baudouin à Philippe et de Kasa-Vubu à Fatshi
Le roi est mort, vive le roi! Quoique moyenâgeux, ce proverbe n’a pas pris la moindre ride. Du moins, pour ceux des pays où les institutions sont plus fortes que les hommes. Où la nation est structurée par le sacré et les constantes. Bref où la continuité historique l’emporte sur la politique de la tabula rasa et son corollaire le « surplace« . Et donc, en réalité, la marche à reculons. Car qui n’avance pas, recule.
De la philosophie ? Non. Du concret. De l’histoire ancienne? Pas du tout. De l’actualité. Et celle- ci charrie la visite du Roi Philippe.
Pour ne pas remonter jusqu’à la genèse léopoldienne, combien de Congolais – y compris dans ce qui tient lieu de l’élite – s’imaginent que l’actuel Roi des Belges écrit la même histoire que ses devanciers Baudoin et Albert II ?
En clair, l’actuel souverain n’est pas que de la lignée biologique de ses illustres prédécesseurs. Il s’inscrit surtout dans la droite ligne de ces derniers. En sous mains, monarchie constitutionnelle ou parlementaire oblige, il défend les intérêts du Royaume de Belgique. En adaptant simplement l’approche au contexte du moment.
A contrario, depuis 1960, qui peut encore identifier les gros intérêts des Congolais dans leurs relations avec leur ancienne puissance coloniale ? Qui se souvient du contentieux belgo- congolais qui fit couler encre et salive pendant la première et la deuxième Républiques? Où en est- on? A-t- on déjà soldé les comptes? Ou les a- t-on seulement effacés? Des questions sans réponse.
Des interrogations qui trahissent surtout l’absence de la permanence de l’Etat face à la toute-puissance passagère, lunatique et évanescente des hommes à la tête du même État.
Au nom de « l’Etat c’est moi« , en vertu de « avant moi » il n’y avait rien qui marchait » et fort de « après moi c’est le déluge » on sabote, on sape, on zappe tout le passé et on croit préempter l’avenir.
Ça donne ceci : Mobutu « dékasavubuise » complètement, Kabila « démobutise » totalement, Fatshi « dékabilise » à tout va. Mieux, il déboulonne … Pour sûr, son successeur sera tenté de s’armer du marteau piqueur pour casser le béton armé qu’il aura trouvé!
Que reste-t-il au fond? Rien. Ou pas grand- chose. C’est l’illustration parfaite du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus. L’éternel recommencement chaque fois que le pouvoir change de main. Et de langue. Malheureusement ce sont les intérêts du pays qui font terriblement les frais de ce « mokili tour à tour » chanté jadis par Djo Mpoyi et le TP OK Jazz.
Si bien que face à nombre d’interlocuteurs dont les « Nokos« – oncles pour désigner les Belges- qui connaissent parfaitement leurs intérêts et les défendent sous des dehors accommodants, les Congolais se perdent joyeusement dans le folklore- au propre comme au figuré- de l’accueil triomphal et du succès… nombriliste. José Nawej