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COP29 : le Fida plaide pour un nouvel objectif de financement climatique en faveur des petits producteurs agricoles
La conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP29) se tiendra à Bakou, en Azerbaijan, le 11 novembre. Le président du Fonds international de développement agricole (Fida), Alvaro Lario, invite les dirigeants mondiaux qui vont y prendre part, à fixer un objectif précis et ambitieux en matière de financement de l’adaptation.
Selon le président du Fida, ce nouvel objectif devrait intégrer les besoins des petits producteurs agricoles qui produisent une part importante des denrées alimentaires dans les pays en développement et pour le monde entier, rapporte un communiqué de cette agence spécialisée des Nations unies.
Le document atteste que le déficit de financement pour l’adaptation des petits producteurs aux changements climatiques s’élève à environ 75 milliards d’USD par an dans les pays en développement. Cet objectif précis en matière d’adaptation s’inscrirait dans le cadre du nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique. La contribution des pays développés sera destinée aux pays en développement pour les soutenir dans leur lutte contre les changements climatiques. Les Etats membres participant à la COP devraient adopter cet objectif précis en matière d’adaptation lors de la COP29.
Soutien à l’adaptation, une priorité
» Alors que les changements climatiques viennent bouleverser en profondeur les systèmes alimentaires, la seule manière de préserver la sécurité alimentaire mondiale est de faire une priorité du soutien à l’adaptation des petits producteurs agricoles à cette nouvelle réalité « , a déclaré Alvaro Lario.
Pour le président du Fida, la première chose à faire pour les dirigeants de la COP29 est de fixer un objectif ambitieux au financement de l’adaptation qui permette de continuer à produire de la nourriture malgré le réchauffement de la planète.
La meme source révèle que les petits producteurs agricoles produisent environ 35% de la nourriture mondiale. En Afrique, ils produisent jusqu’à 70%. Bien qu’ils soient essentiels à la sécurité alimentaire mondiale, ainsi qu’à leurs pays et à leurs communautés, ils reçoivent le moins de ressources pour faire face aux changements climatiques et renforcer leur résilience.
D’après le document, les chiffres sur les financements climatiques destinés aux systèmes agroalimentaires à petite échelle sont trop bas à l’échelle mondiale, avec une moyenne annuelle de seulement 5,53 milliards d’USD en 2019-2020, soit seulement 0,8% du total des financements climatiques sur l’ensemble des secteurs.
En 2023, la faim a touché environ 735 millions de personnes
» Les petits producteurs vivent souvent dans la pauvreté et n’ont guère le choix. Ils doivent s’adapter ou sont destinés à mourir de faim« , a déclaré Alvaro Lario. Tout en précisant que l’adaptation est une question de sécurité alimentaire mondiale, mais aussi de stabilité géopolitique. La hausse des prix des denrées alimentaires, la faim et la pauvreté ont entraîné des migrations forcées et des conflits.
Les changements climatiques jouent déjà un rôle important dans la faim dans le monde. En 2023, environ 735 millions de personnes ont souffert de la faim, en partie à cause de l’augmentation de la chaleur, des sécheresses, des inondations et des phénomènes météorologiques extrêmes. Les changements climatiques pourraient faire basculer 132 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté.
L’appel du Fida à cibler les petits producteurs agricoles dans les dépenses climatiques et à décider d’un financement ambitieux pour l’adaptation intervient à un moment où les phénomènes météorologiques extrêmes notamment des températures élevées et régimes de pluie inhabituels et imprévisibles se font de plus en plus.
Ces phénomènes ont un impact dévastateur sur les cultures et les communautés rurales qui vivent de l’agriculture.
Baisse de rendement
Le Fida estime que les changements climatiques pourraient réduire les rendements agricoles d’un quart d’ici à la fin du siècle. D’ici à 2035, c’est-à-dire dans une dizaine d’années, les changements climatiques pourraient augmenter de 50% le taux d’inflation des denrées alimentaires.
Pour le Fida, il existe de nombreuses solutions pouvant aider les petits producteurs agricoles à s’adapter aux changements climatiques. Parmi celles-ci figurent l’irrigation adaptée au climat, les techniques et infrastructures de collecte de l’eau, les cultures tolérant la sécheresse, l’agroforesterie, l’agro-écologie et l’amélioration de la gestion des sols. Les systèmes d’alerte précoce préviennent les agriculteurs de l’imminence d’une catastrophe, tandis que les services météorologiques les informent des conditions en cours, des périodes optimales de semis et de la gestion des cultures. En outre, ils fournissent des conseils sur la lutte contre les parasites et les maladies.
Il existe plus de 500 millions de petites exploitations agricoles dans le monde.
DINA BUHAKE Tshionza