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CONSULTATIONS EN VUE D'UN GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE : Les membres de l’USN parlent comme s’ils étaient de l’opposition
Au sortir de leurs face-à-face avec le conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, la plupart des membres de l’Union sacrée pour la nation (USN), font des déclarations comme s’ils étaient de l’opposition, alors que ce sont eux qui dirigent actuellement le pays. Certains évoquent des problèmes d’ordre socio-économique, d’autres l’insécurité dans la partie orientale du pays. Ils soulèvent les questions sans toutefois proposer les pistes de solutions qu’ils mettraient en œuvre une fois entrés au gouvernement. D’aucuns comprennent facilement qu’il s’agit de la politique politicienne de "ôte-toi de là que je m’y mette".
Ce qui étonne le plus dans ce combat d’arrière-garde est le fait que les responsables des partis ou regroupements politiques qui déplorent la situation actuelle dans le pays, ont des partisans dans les institutions publiques. Il y en a qui sont dans les gouvernements central ou provinciaux, d’autres dans le portefeuille de l’État,...Il y a lieu de leur poser la question de savoir s’ils échangent avec leurs délégués dans les institutions étatiques et quels sont les conseils qu’ils leur prodiguent pour introduire la bonne gouvernance en RDC.
Il est vrai que la critique est aisée mais la pratique difficile. Qu’est-ce qui nous garantit que ces politiciens de l’USN qui remettent en cause la gestion des membres de cette plate-forme feront mieux qu’eux?
Kolongele s’en sortira- t-il?
Une autre question et non des moindres est celle de savoir si le conseiller spécial du président de la République sortira tête haute de la mission lui confiée par Félix Antoine Tshisekedi. Car, jusqu’à ce jour, dans les rangs de l’opposition seul Adolphe Muzito a donné son accord pour participer à ce gouvernement d’union nationale. Les autres poids lourds ont rejeté l’offre de Fatshi. Dans l’allure où vont les choses, nous risquons de connaître tout simplement un réaménagement ministériel où seront reconduits la plupart des ministres estampillés USN, qui seront rejoints par un ou deux opposants ainsi que quelques situationnistes de mauvais goût.
Cependant, certains analystes du microcosme politique congolais estiment qu’avec la donne politique actuelle provoquée par la rencontre historique à Doha entre Félix Antoine Tshisekedi et Paul Kagame, pour une fin durable de la guerre dans l’Est de la RDC, il n’y a pas meilleure solution que celle d’incorporer quelques cadres de l’AFC/M23 non concernés par les crimes de guerre dans cette équipe d’union nationale.
Si l’USN accapare plus de 50% des postes ministériels dans ce probable gouvernement d’union nationale, le pays n’aura pas avancé. Nous risquons de tourner en rond avec toutes les conséquences dramatiques qu’une telle situation peut engendrer. Pour éviter pareil scénario catastrophe, tous ceux qui rejettent la proposition "fatshienne" sont appelés à mettre un peu d’eau dans leur vin, pour le bonheur du peuple congolais. Les positions extrêmes ne paient pas généralement. Le peuple congolais en a marre de tous les conflits qui déchirent les politiciens et qui impactent négativement leur vécu quotidien. Ils ne veulent que la paix, rien que la paix, gage de développement.
Muke MUKE