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CLOTURE DES AUDIENCES FORAINES DE LA COUR MILITAIRE DE L’EX KASAÏ-OCCIDENTAL SUR LE DOSSIER KAMUINA NSAPU : Trois prévenus condamnés à de lourdes peines dans la cité de Nkongolo Monji
Les audiences foraines de la Cour militaire de l’ex Kasaï-Occidental se sont clôturées le lundi 14 octobre, dans la cité de Nkongolo Monji, territoire de Kazumba, province du Kasaï-Central.
Au terme des audiences, le tribunal militaire a rendu son verdict : Sumbu Kayembe Laurent, écope de 20 ans de servitude pénale principale assortie (SPP) de 15 ans de durée minimale de sûreté incompréhensible; Paul Tshidika (policier), pour sa part, écope de 10 ans de SPP assortie de 7 ans de durée minimale de sûreté incompréhensible, tandis que Kalubi Sekelayi Gustave, à 15 ans de SPP assortie de 10 ans de durée minimale de sûreté incompréhensible.
Les audiences, qui se sont déroulées sur plusieurs jours, ont été marquées par des témoignages poignants et des débats juridiques intenses. Les trois prévenus ont été poursuivis pour des actes graves, notamment pour leur participation à un mouvement insurrectionnel, la détention illégale d’armes, et divers crimes contre l’humanité.
Les accusés se sont retrouvés au cœur de cette affaire dans un climat d’insurrection qui a secoué la province du Kasaï-Central lors des événements de Kamuina Nsapu, exacerbant les préoccupations liées à la sécurité et à la protection des droits humains. Les autorités militaires ont opéré une série d’interventions ciblées pour démanteler des groupes armés actifs dans la zone, ayant pour objectif de mettre un terme aux actes de violence, au recrutement d’enfants soldats et à l’exploitation minière illicite, qui pullulent dans cette région.
Les prévenus ont été inculpés pour des violations des droits de l’Homme, des crimes de guerre, ainsi que pour des actes de meurtre, de tortures, et d’association de malfaiteurs, des accusations qui entraînent des peines sévères selon le Code pénal militaire de la RDC..
DES AUDIENCES SOUS HAUTE SURVEILLANCE
Les audiences se sont déroulées sous haute surveillance, avec la présence d’observateurs des droits de l’Homme, le coordonnateur régional du Fonds national de réparation en faveur de victimes Fonarev et de représentants de la société civile, témoignant de l’importance de ce procès pour la paix et la réconciliation dans la région.
De nombreux témoins ont défilé à la barre, apportant des éléments de preuve souvent déchirants, liés aux atrocités commises durant la période d’insurrection. Les avocats de la défense ont tenté de contrer les accusations, plaidant pour l’innocence des prévenus en mettant en avant des éléments de doute sur les preuves présentées.
Les réactions à ce verdict ont été variées. Le coordonnateur régional du Fonarev, une structure de l’État qui a appuyé financièrement ces audiences, s’est dit content du jugement rendu par la Cour militaire de l’ex Kasaï-Occidental. Mhyrhand Mulumba rapporte qu’après ces audiences, s’en suivra l’étape de l’identification des victimes. De son côté, l’un des avocats de présumés présent dans cette cérémonie a apprécié l’arrêt rendu public, cependant Me Trésor Kabangu a critiqué le fait que la Cour ait renvoyé de la police l’un des prévenus. Et du côté partie civile, Me Albert N’kashama, a expliqué la condamnation, tout en félicitant le travail abattu par la Cour militaire durant ces 14 jours de procès.
Les organisations de défense des droits humains ont salué cette avancée comme un pas vers la réconciliation et la justice. Cependant, certains acteurs locaux ont exprimé des inquiétudes quant à la mise en œuvre effective des décisions de justice, appelant à un suivi rigoureux pour éviter des dérives qui pourraient nuire à la paix précaire de la région.
Signalons que les accusations portées contre ces individus font écho à un climat d’insécurité et de crise humanitaire qui a affecté la population du Kasaï-Occidental au cours des dernières années.
Félix MULUMBA KALEMBA