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Chérubin Okende lance le projet « Usalama »
Le ministre des Transports, Voies de communication et de Désenclavement, Chérubin Okende Senga, a procédé, hier jeudi 27 octobre, au lancement officiel de la phase numérique du projet d’identification des chauffeurs professionnels et des engins roulants en RDC dénommé « Usalama ».
Ce projet relève du partenariat public-privé, mis en œuvre par le comité de suivi du système des timbres routiers qui réunit les organisations patronales et syndicales (FEC, COPEMECO, FENAPEC, CRC), en partenariat avec le ministère des Transports et la société IEGA.
Selon Chérubin Okende, ce projet est de grande utilité publique, en ce qu’il vise à résoudre les problèmes liés notamment à la régulation de la circulation routière, aux tracasseries routières, au manque d’identification de certains engins roulants et des chauffeurs, à la recrudescence des accidents de circulation routière et au non-respect du code de la route dans le chef de certains conducteurs.
Le but final dudit projet, explique le ministre des Transports, est de doter la RDC d’un répertoire national numérique de tous les engins roulants, des chauffeurs professionnels et d’un Data Center devant permettre d’identifier tous les automobiles afin de constituer une base des données susceptible d’une part, d’aider les corporations professionnelles et syndicales du secteur de transport de mieux s’autoréguler, et d’autre part, de favoriser un assainissement général de la circulation routière sur l’ensemble du pays.
« Le projet dont nous lançons la phase numérique aujourd’hui nourrit l’ambition d’assainir de manière générale la circulation routière sur le territoire national congolais. La cérémonie de ce jour est l’une des étapes décisives de cet assainissement qui passe d’abord par la connaissance et le contrôle rigoureux des opérateurs du secteur. Aujourd’hui, il s’agit de la relance du système de timbres routiers numériques. L’atteinte de cet objectif appelle à la participation de tous. Sa mise en œuvre requiert l’adhésion totale de toutes les parties prenantes. J’encourage nos forces de l’ordre à capitaliser les avantages de la technologie pour l’encadrement et le renforcement de l’application de la législation en la matière. Je recommande un plan précis de coordination des actions à mener« , a-t-il indiqué.
29.000 décès pour 100.000 habitants
A l’occasion, le ministre des Transports a révélé que la RDC enregistre chaque année un taux de plus ou moins 29.000 décès pour 100.000 habitants, un chiffre au-dessus de la moyenne africaine. Il indique que selon les résultats des dernières enquêtes sur les accidents au cours de la période 2018-2021, trois types de véhicules totalisent 72% des décès enregistrés. Il s’agit des véhicules à deux et trois roues (25%), des véhicules des particuliers (24%), les minis et autocars (23%).
D’après le DG de la société IEGA qui exécute le projet Usalama, les enregistrements qui seront bientôt lancés se feront moyennant paiement. Une carte avec hologramme d’une validité de cinq ans sera délivrée aux conducteurs au terme de l’enregistrement.
« Le terme Usalama est swahili. Il signifie la tranquillité, la paix et tout ce qui va avec. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la loi de 1955 qui recommande au ministère des Transports d’avoir les données statistiques. Le système qu’on met en place va permettre de bien suivre l’évolution. Nous allons sensibiliser. Nous allons d’abord commencer avec les engins des grandes sociétés. Ensuite, nous allons sur les autres véhicules. Nous allons installer à travers le pays les matériels de contrôle. Il sera question de payer 40 dollars par trimestre pour les gros véhicules. En ce qui concerne les chauffeurs professionnels, il sera question de payer 25 USD et 10 USD pour les chauffeurs des motocyclettes« , a-t-il précisé.
Des participants à cette cérémonie, dont des délégués de la FEC ont déploré le fait que l’Etat congolais ne dispose pas à ce jour des données fiables et sécurisées sur tous les engins roulants sur l’ensemble du pays et sur les conducteurs professionnels.
Ce constat a donc amené les partenaires sociaux, les opérateurs privés et le gouvernement à mettre en place, entre autres, un timbre routier, par la signature, le 28 octobre 2014, d’un protocole d’accord entre les ministères de l’Economie, des Transports et de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, les organisations professionnelles tout en ayant recours à l’expertise de la société IEGA.
Pour un fonctionnement harmonieux, deux protocoles d’accord ont été conclus. Le premier, le 24 décembre 2020, entre le gouvernement, via le ministère des Transports, et Voies de communication et la société IEGA. Le deuxième, une année après, le 24 décembre 2021 entre les organisations professionnelles (FEC, COPEMECO, FENAPEC et CRC) et le groupement d’intérêt économique IEGA. Didier KEBONGO