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Chamailleries vaudevillesques à l’Hémicycle
Pas la peine d’un sondage scientifique pour se faire une opinion de la classe politique rd congolaise. Une courte saison dans les travées de l’Hémicycle suffit. Querelles de clocher, postures nombrilistes, pléthore d’initiatives plutôt alimentaires que parlementaires …
L’actuel bras de fer entre le speaker de la Chambre et des députés de l’opposition-résistance (Maurice Duverger en perdrait son b.a.ba) illustre le caractère hors-sol de l’Assemblée nationale. Alors que le pays attend de la Représentation nationale qu’elle joue sa partition dans le rapprochement des points de vue sur les nécessaires réformes électorales, des députés rejouent le coup du sempiternel « ôtes-toi de là que je m’y mette » doublé du « j’y suis, j’y reste ».
Certes, l’initiative de faire descendre du piédestal le Président de la Chambre rentre dans les prérogatives des élus. Il est vrai aussi que celui que des opposants appellent ironiquement « citoyen Mboso » ne fait pas grand-chose pour rentrer dans la postérité autrement que comme dévot du Régime. A partir de là, il se met en situation de légitimer quantité de procès en « incompétence », en « partialité »…intentés contre lui.
Un bémol, difficile de rêver d’un speaker sinon politiquement asexué, du moins moins dépendant du véritable boss de la majorité dans le contexte du régime semi-présidentiel. Zapper Mboso a mille fois le risque de s’apparenter à « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Véritable allégorie du mythe de Sisyphe d’Albert Camus en perspective. Illustration grandeur nature de la boutade du tacot dont on a juste changé le chauffeur de l’inénarrable feu Mungul Diaka.
Pour contrer la tentative de sa déchéance, le speaker de la Chambre s’est brusquement souvenu que certains de ses pairs sont abonnés au service minimum quand ils n’appliquent pas la « session buissonnière ». Et le speaker de brandir le spectre de l’invalidation. Bonjour la séquence « Pièce contre pièce ». Qui dit mieux.
Cette scène a, hélas, tout d’un vaudeville bien de chez nous au regard de vrais enjeux du moment. De la classe politique, la ville, le pays et le monde attendent qu’ils conjurent le scenario-catastrophe qui se profile en cas d’absence de compromis sur le processus électoral.
De travées de l’hémicycle devraient sortir des initiatives dans le sens de décrisper l’environnement politique. Voilà qu’à la place c’est un écran de fumée pour brouiller la visibilité et donc la lisibilité de l’avenir du pays.
Pas besoin de passer par la traditionnelle case qui sont pour, qui sont contre et qui s’abstiennent pour savoir ce que les Congolais pensent de cette énième … tragi-comédie. José NAWEJ