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Ces baobabs qui s’écroulent…
Aucun superlatif de trop dans la pluie d’hommages à Mgr Tharcisse Tshibangu. Pas l’once de dithyrambe ou de panégyrique post-mortem. Rien à voir donc avec les tonnes d’éloges dont les Congolais – pas seulement- sont coutumiers lorsqu’il s’agit de parler d’un mort. Il n’est pas inhabituel que l’on attribue toutes les vertus et qualités du monde au défunt !
L’hommage au professeur- recteur Tshibangu est comme une copie certifiée conforme à l’original de ce qu’a été cet ecclésiastique au savoir éclectique. Pour le coup, la métaphore « baobab » n’est guère empruntée.
Mais, hélas justement, le hic c’est que tels les « chênes qu’on abat » – clin d’œil à un autre géant André Malraux -, les baobabs rd congolais s’écroulent sans grand espoir de voir de jeunes pousses les remplacer ! Un déboisement sans reboisement. Véritable pied de nez à l’écologie en ce temps où le dérèglement climatique menace l’écosystème planétaire.
En clair, cela fait des décennies que le Congo-Zaïre perd un à un ou l’un après l’autre ses personnes- ressources sans que la relève pointe le bout de son nez. Une désertification cervicale qui ne doit rien à la fatalité naturelle. Mais plutôt à l’incurie, mieux à la démission collective et individuelle du leadership face à l’impératif existentiel d’investir dans l’homme.
Comment faire du petit écolier ou de la petite écolière d’aujourd’hui le Pr Tshibangu de demain avec un enseignement devenu la cinquième roue du carrosse? Et ce, depuis des années ? Pourtant des futurs « Tharcisse Tshibangu« , le Congo en regorge potentiellement dans tous les 145 territoires! Mais faute de terre fertile, ils sont balayés par la désertification artificielle occasionnée par le dirigeant congolais.
Moralité, si tant est qu’il y ait encore de la morale au sens de la vertu platonicienne, la meilleure manière de rendre hommage au professeur Tshibangu consiste à prendre conscience du danger de la désertification scientifique, culturelle qui menace le pays. A quoi serviraient toutes les ressources naturelles si demain il n’y a plus de compétences pour les exploiter?
Au demeurant, « il n’est de richesse que d’homme » écrivait au XVIème siècle l’économiste français Jean Bodin. Une citation quasi axiomatique déridée, il y a peu, par l’homme politique béninois doublé d’essayiste Adrien Houngbéji dans son ouvrage intitulé « il y a de richesse que d’hommes« , paru en 2005. José NAWEJ