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Caution exorbitante des candidats aux élections : Ces sommes colossales auraient dû servir aux investissements productifs
La loi électorale a fixé des montants prohibitifs pour la caution à payer par les candidats aux différents scrutins, à savoir la présidentielle, les législatives nationales et provinciales, et les locales. Toutes ces sommes versées dans le trésor public constituent une importante cagnotte susceptible de servir aux investissements dans les besoins sociaux de base. Mais à voir l’état dans lequel se trouvent nos infrastructures de base, notamment les centres de santé, les établissements scolaires… nous pouvons parler d’un véritable gâchis.
L’engouement des Congolais vers les institutions politiques en lieu et place des investissements créateurs des richesses est à condamner et même suspect. Par exemple, pour les législatives nationales de décembre prochain, plus ou moins 30.000 candidats ont brigué le poste de député national pour 500 sièges.
Des doutes pèsent sur la bonne foi de ces nombreux postulants de servir véritablement la nation. À analyser le comportement des élus des trois dernières législatives, nous nous rendons vite compte que c’est surtout pour assouvir leurs propres intérêts qu’ils ont postulé. D’où la méfiance constatée actuellement dans le chef de certains Congolais vis-à-vis des candidats qui sollicitent leurs voix, et le refus d’autres à se rendre aux urnes le 20 décembre 2023.
À certains égards, nous serions tenté de donner raison à ces citoyens s’il faut considérer ce que le montant total de toutes les cautions aurait pu servir pour la communauté nationale si ces sommes d’argent avaient été affectées à des activités créatrices d’emplois. Tout compte fait, pour les législatives nationales uniquement, le trésor public a encaissé pas moins de 3 millions de dollars américains, montant susceptible de contribuer à la relance de la Miba, l’Onatra, la Sncc… Cela prouve à suffisance que la RDC regorge quelques riches qui, animés de bonne foi et d’esprit patriotique, peuvent bien relancer tant soit peu la moribonde économie du pays. Cependant, tout ce que nous consommons est produit par des entreprises appartenant aux expatriés. Toutes les banques commerciales privées qui prestent en RDC sont des biens des opérateurs économiques étrangers, même des alimentations qui nous nourrissent sont, dans leur quasi totalité, l’œuvre des hommes d’affaires non Congolais. Nos hommes politiques préfèrent dépenser leur argent acquis sans beaucoup d’efforts dans les jouissances. Pour les scrutins à venir, ne faut- il pas revoir la loi électorale en renforçant les critères d’éligibilité pour réduire le nombre de candidats, et renvoyer ainsi d’autres petits riches vers des investissements permettant la revanche du sol sur le sous-sol comme ne cesse de le clamer tout haut le chef de l’Etat ces derniers jours ? Muke MUKE