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« Biivi » !
Inutile de se triturer les méninges après les fêtes. Pas la peine non plus de consulter la version 2022 de Le Robert. Le terme « Biivi » n’est pas français. Il signifie tout simplement « voleur » en tshiluba facile. Tel un refrain repris en chœur par des foules, ce mot s’est invité à nombre de meetings du chef de l’Etat dans l’espace Kasaï. Par ce « J’accuse » à très vaste échelle, les populations du centre du pays épinglaient publiquement des conseillers et autres proches du Président. Coupables à leurs yeux de détourner des ressources allouées à la construction ou réhabilitation d’infrastructures de base. Or sans « Tshilejelu« , version Fatshienne de « cinq chantiers » ; le Kasaï ne vaut pas un penny.
Alors, vox populi, vox dei ? On est bien tenté de répondre, en l’occurrence, par l’affirmative quand on sait que les populations sont comme livrées à elles-mêmes. La démocratie représentative -avec ses instances de contrôle – peinant à s’asseoir parce qu’au mieux désincarnée au pire émasculée. La Justice étant -encore- en proie à des pesanteurs politiques. Voire politiciennes. Les corps intermédiaires ne roulant -à quelques exceptions près- que pour leurs nombrils ou leurs tubes digestifs.
Au seuil de la nouvelle année, une seule question taraude les esprits : quelle suite le Président va donner à cette clameur publique ? Mieux à ce jugement « populaire » qui vient du socle sociologique de sa propre base ?
Dans un pays sevré de sondages et de référendums, Félix-Antoine Tshisekedi a de quoi se faire une religion sur l’image de ses collaborateurs au sein de l’opinion. Va-t-il prendre la résolution de nettoyer enfin les écuries d’Augias ? D’autant qu’en plus des malversations financières décriées, de plus en plus de conseillers du Président tirent à hue et à dia. D’autres n’hésitent même pas à faire étalage en public de leur maîtrise d’arts martiaux ou du noble art. Cela fait beaucoup. Cela fait surtout désordre.
A la réflexion, le chef de l’Etat a tout intérêt à balayer dans sa cour avant que celle-ci ne ressemble à la cour du roi Pétaud. 2023 avec son inévitable reddition des comptes approche à grand pas. Le Président sera le seul à répondre des indélicatesses de ses proches dont les « biivi« . José NAWEJ