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Beni : Dix ans des massacres commémorés par les habitants sous une forte émotion
La ville de Beni a commémoré hier mardi 15 octobre le triste dixième anniversaire de la vague de massacres qui l’a frappée. Ces atrocités, perpétrées depuis 2014 par les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé d’inspiration islamiste, continuent de terroriser les habitants, plongeant la région dans une crise humanitaire sans précédent.
Le mardi, les habitants de Beni, les cœurs meurtris, ont rendu hommage à leurs proches disparus lors d’une messe œcuménique dans le quartier de Ngadi, épicentre des premières violences.
L’événement a réuni des figures publiques, des membres de la société civile, des leaders religieux, et des officiels, tous unis par un profond chagrin et le désir de justice.
LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE SILENCIEUSE
Dix ans après le début des massacres, la communauté internationale demeure largement silencieuse face à cette tragédie. Les efforts déployés par l’armée congolaise et certaines milices locales, connues sous le nom de » Wazalendo « , pour restaurer la paix ont été insuffisants. Les voix des victimes et de leurs familles se heurtent au mur du déni et à l’inaction des institutions internationales.
Un habitant de la ville de Beni a souligné l’urgence d’un changement dans la stratégie militaire.
» Les opérations militaires ont été menées de manière unilatérale. Les civils ont été perçus comme des miliciens Maï-Maï, ce qui a poussé des jeunes à former des groupes d’autodéfense. C’est un cercle vicieux qui profitent aux ADF« , a-t-il expliqué. Il a appelé aussi à une diplomatie renforcée pour endiguer le recrutement d’assaillants, tant à l’étranger qu’au pays.
» DES COUPABLES DOIVENT RENDRE DES COMPTES «
A la suite de l’annonce d’une réactivation des enquêtes par la Cour pénale internationale (CPI), des voix s’élèvent pour que la situation à Beni soit une priorité. La population espère que des sanctions seront prises à l’encontre des responsables des atrocités. » Les coupables, qu’ils soient politiques ou militaires, doivent rendre des comptes « , déclare un militant.
Fabrice Kamoja, membre du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), exprime une profonde frustration : « Jusqu’à présent, aucune mesure sérieuse n’a été mise en place pour mettre fin à ces massacres. C’est une désolation. » Kamoja a souligné que, malgré quelques périodes de calme, la violence reste omniprésente. Le chiffre alarmant de plus de 20 000 civils tués au cours de cette décennie ne cesse d’alerter les consciences, sans que des actions concrètes ne suivent, a-t-il fait savoir à nos confrères de TazamaRDC.
Malgré le désespoir ambiant, la société civile continue de lutter pour la paix et la justice. Les habitants de Beni, marqués par les tragédies du passé, cherchent à garder l’espoir vivant, convaincus que la lumière viendra de la solidarité. Mais sans une réponse significative de la communauté internationale et une politique efficace de sécurité et de justice, ce cœur meurtri par la violence risque de rester silencieux, prisonnier de ses souvenirs de douleur.
Dans ce contexte sombre, il est essentiel de rappeler que derrière chaque chiffre se cache une vie brisée, une histoire inachevée qui mérite d’être entendue. Les échos de ces massacres doivent résonner bien au-delà des frontières de Beni, exigeant une action concrète et une réponse urgente à la crise humanitaire persistante.
Pascal NDUYIRI