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Avec l’aide de la Ceni : Enjeux politiques post électoraux, La révision constitutionnelle s’impose comme une urgence
Après la proclamation des résultats de la présidentielle de décembre 2023, la RDC connaît des situations qui exigent une révision constitutionnelle pour asseoir les bases d’une véritable démocratie dans le pays. Des cas de règlements de comptes intercommunautaires susceptibles de provoquer l’implosion de la nation ont été enregistrés particulièrement à Mbuji-Mayi et à Kashobwe.
À Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasai Oriental, fief naturel de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le siège du parti politique Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, son challenger, a été vandalisé de manière barbare. Le bâtiment a été incendié et les tôles arrachées.
Personne de sensé ne peut comprendre ce comportement des partisans du vainqueur de la présidentielle. Car, ce sont eux qui auraient dû favoriser la paix et rassurer le camp perdant en lieu et place de provoquer des troubles.
Comme pour leur montrer qu’ils ne détiennent pas le monopole de la violence, les partisans du candidat malheureux et leader d’Ensemble s’en sont pris violemment aux originaires du Kasaï, en guise des représailles de ce qui s’est produit à Mbuji-Mayi. La violence appelle la violence malheureusement.
Dans un cas comme dans l’autre, il est à déplorer l’attitude des autorités politico-administratives des entités où se sont produits les malheureux incidents. Étant originaires des coins, et de surcroît attachés aux leurs, elles ne se sont pas comportées comme l’église au milieu du village. Leur réaction tardive, et peut-être même hypocrite, n’ a pas empêché la commission des actes répréhensibles qu’on déplore aujourd’hui.
À ces comportements qui exarcerbent les conflits intercommunautaires, s’ajoutent les velléités sécessionnistes qui se font de plus en plus jour, surtout dans le grand Katanga, avec les hors-la-loi qu’on appelle les « Kata Katanga ». Ces délinquants se permettent d’opérer des incursions jusque dans les banlieues de grandes agglomérations, sans être maîtrisés. On peut soupçonner qu’ils bénéficient des complicités des milieux politiques pour se comporter ainsi de manière désinvolte.
Pour mettre fin à tous ces désordres, il importe que les nouveaux députés prennent leur courage en mains pour proposer la révision de certaines dispositions constitutionnelles. Il s’agit entre autres de l’élection des gouverneurs de province. Par rapport à ce que nous venons de stigmatiser, il sied de revenir à la territoriale des non originaires. Il s’agit soit de la nomination des gouverneurs de province par le président de la République parmi les partis politiques ayant atteint le seuil de 3 % aux législatives provinciales, soit de leur élection, parmi les candidats non originaires présentés par des partis politiques susvisés. Les autorités locales pourraient être nommées suivant les mêmes modalités.
S’agissant des élections, l’expérience de 2006 ayant provoqué moins de cacophonie, il serait mieux de revenir sur cette formule en rejetant le recours à la machine à voter qui coûte énormément au Trésor public. En plus, même si cette fois le président Félix Tshisekedi a rempilé avec un score largement au dessus de la majorité simple, pour l’avenir il est indiqué de revenir au système de deux tours pour l’élection présidentielle.
Pour mieux de justice et d’équité, la condition de seuil d’éligibilité de 1 % pour les législatives nationales et de 3 % pour les provinciales doit être de nouveau débattue au Parlement.
Muke MUKE