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Assemblée du FMI et de la Banque Mondiale : Raïssa Malu présente les défis de l’éducation en RDC
*A Washington, la ministre d’Etat a insiste sur la gratuité pour une éducation inclusive.
À l’occasion des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque Mondiale à Washington, Raïssa Malu Dinanga, ministre d’Etat, en charge de l’Education nationale et de la Nouvelle Citoyenneté a exposé sa vision pour un système éducatif congolais inclusif et de qualité, adapté aux besoins actuels et futurs du pays.
La ministre d’Etat, Raïssa Malu, a pris part le samedi 26 octobre dernier à une table ronde intitulée «Éducation et compétences pour l’avenir de l’Afrique». Celle-ci a rassemblé des experts et responsables politiques africains pour débattre des enjeux éducatifs et de la transformation des systèmes d’apprentissage en Afrique.
L’un des thèmes abordés de l’intervention de Raïssa Malu Dinanga portait sur l’inclusion dans l’éducation. Elle a souligné l’importance d’assurer un accès à l’école pour toutes les couches de la population congolaise, y compris les filles, les enfants vivant avec un handicap, et les minorités.
Plaidoyer pour l’éducation des filles
«On doit rendre nos écoles plus inclusives, tout en s’assurant vraiment que toute la population, notamment les personnes vivant avec un handicap et les minorités, puisse être intégrée», a-t-elle affirmé.
Aux dires de Raïssa Malu, «l’un des plus grands obstacles à l’éducation reste le manque de ressources financières, en particulier pour les filles. C’est dans cette optique que la politique de gratuité de l’enseignement primaire a été introduite en RDC, et permet à ce jour 4 millions d’enfants supplémentaires de reprendre le chemin de l’école».
«Nous avons eu 4 millions d’élèves qui ont repris l’école ou qui ont au total été inscrits. Ce qui nous permet vraiment d’augmenter en termes d’accès. Mais, il y a évidemment toujours un challenge en termes de qualité», rappelle Raïssa Malu.
Le défi de la qualité de l’enseignement
Au-delà de l’accès, la patronne de l’éducation nationale a abordé le défi de la qualité de l’enseignement en RDC. Pour elle, cet enjeu repose avant tout sur les enseignants, qu’elle qualifie de «clé» du système éducatif. À cet effet, la patronne de l’éducation nationale, a donc souligné l’importance d’augmenter les ressources financières pour les enseignants et de renforcer leur formation continue.
«Améliorer la qualité passe nécessairement par le renforcement des conditions socio-professionnelles des enseignants», a-t-elle affirmé.
Elle a également insisté sur le rôle des inspecteurs, qui sont essentiels pour veiller à la qualité de l’éducation dans les écoles congolaises. «Investir dans les enseignants et les inspecteurs, les remettre à niveau, et rendre notre administration plus efficace, c’est investir directement dans l’avenir de nos enfants», a-t-elle souligné.
Digitalisation de l’enseignement
Consciente des enjeux technologiques, la ministre a également mis en avant la nécessité de moderniser le système éducatif en le digitalisant, afin de permettre de dispatcher les ressources mises à disposition là où il y a urgence.
Elle a souligné que le développement des infrastructures numériques pourrait offrir aux élèves et enseignants congolais un accès élargi aux ressources éducatives et permettre une gestion plus efficace de l’administration scolaire.
Renforcement le partenariat
La ministre d’Etat Raïssa Malu a aussi évoqué la nécessité de renforcer les partenariats avec des organisations internationales et des initiatives privées pour soutenir sa vision, incluant des projets d’investissement et la recherche de financement pour des programmes innovants.
Lors de cette table ronde, Raïssa Malu est intervenue aux côtés de plusieurs personnalités du continent, telles que Sheku A. Bangura, ministre des Finances de la Sierra Leone, Constance Swaniker, fondatrice et présidente du Design and Technology Institute au Ghana, et Benilde Nhalivilo, Directeur exécutif du Forum national pour les droits de l’enfant au Mozambique.
Ensemble, ils ont débattu sur les conclusions du rapport de la Banque Mondiale «/ Africa’s Pulse 2024/», qui souligne les défis considérables en matière d’éducation.
D’après ce rapport, intitulé «/Transformer l’éducation pour une croissance inclusive/», l’Afrique subsaharienne investit moins dans l’éducation par habitant que toute autre région du monde. Pourtant, avec une population en âge de travailler qui croît rapidement grâce aux progrès dans la survie des enfants, les besoins éducatifs augmentent de manière significative.
La Banque Mondiale estime que pour atteindre l’objectif d’éducation universelle d’ici 2030, les pays de la région devront intégrer environ 170 millions d’enfants et adolescents supplémentaires dans leurs systèmes scolaires, nécessitant la construction de 9 millions de nouvelles salles de classe et l’embauche de 11 millions d’enseignants.
Des perspectives économiques et éducatives pour l’Afrique en 2024
Avant la table ronde sur l’éducation, la première partie de l’événement a permis à Andrew Dabalen, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, de présenter les perspectives économiques du continent à travers la 30ème édition du rapport semestriel Africa’s Pulse.
Selon ce document, l’Afrique subsaharienne connaît une reprise économique fragile avec une croissance prévue à 3 % en 2024, contre 2,4 % en 2023, grâce à l’augmentation de la consommation privée et des investissements.
Bien que l’inflation soit en recul et que les soldes budgétaires s’améliorent, la croissance économique reste insuffisante pour réduire l’extrême pauvreté, en raison des conflits, des aléas climatiques et d’investissements
Dina BUHAKE Tshionza