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Affaire passeport : Malgré le changement de partenaire, le flou persiste
Les demandeurs de passeport congolais, anciens comme nouveaux, ne savent plus à quel partenaire se vouer. Acquérir cette pièce d'identité ressemble à un véritable calvaire. En dépit du changement de partenaire opéré dernièrement par le gouvernement, le flou persiste toujours dans la procédure de l'obtention de cette pièce. A preuve, ils sont 140.000 anciens requérants qui continuent à attendre l'obtention de leurs documents. Pourtant, ils ont déjà payé les frais à la banque depuis des mois. Pour eux, le ministère des Affaires étrangères passe des promesses en promesses. Les requérants ne cessent de manifester leur ras-le-bol face à la longue patience dont ils ont fait preuve.
Concernant ce dossier, il importe de rappeler que le gouvernement a été amené à résilier le contrat avec l'ancien partenaire belge Locosem, qui n'arrivait pas à satisfaire la très forte demande des requérants. En passant, on note que beaucoup de Congolais, en nombre impressionnant, sont candidats aux voyages vers l'extérieur du pays, pour divers motifs : soins de santé, études, tourisme, commerce, et que sais-je encore. C'est la raison pour laquelle le ministère des Affaires étrangères est quotidiennement assiégé par un nombre très important de personnes qui désirent acquérir un passeport pour une raison ou une autre.
Vu l'incapacité de la firme belge de respecter ses engagements, le gouvernement s'est senti obligé de se tourner vers un autre partenaire. Le choix est tombé sur l'allemand Dermalog. On constate malheureusement que ce nouveau partenaire n'est pas plus performant que son prédécesseur. Alors que la firme belge produisait plus ou moins 3.000 dossiers par jour, la société allemande ne s'en sort à peine qu'avec 400 le jour. Le résultat n'est pas du tout intéressant par rapport aux attentes du gouvernement et des requérants. Nous n'avons donc pas avancé d'un seul iota sur ce point.
FUIR LA PLUIE EN SE PLONGEANT DANS LA RIVIERE
À ce propos, d'aucuns donnent aujourd'hui raison au banc syndical du ministère des Affaires étrangères qui, en son temps, s'était opposé à ce partenariat en faisant comprendre à la cheffe de la diplomatie congolaise que" ce projet a été mal préparé et inadapté". Par rapport à cette situation, l'on dirait que le gouvernement a fui la pluie en se plongeant dans la rivière.
Cette confusion, faut-il le stigmatiser, préjudicie plusieurs Congolais qui ont raté des projets de voyage pour raison de santé, d'études, d'affaires, de tourisme, etc...
Pour rappel, il existe en RDC un droit fondamental garanti par la Constitution, et régi par le Décret no 09/10 du 30 mars 2009, qui fixe les conditions, la procédure, les délais et les tarifs applicables, tout en affirmant le rôle de l´État dans la délivrance de cette pièce d'identité. Malheureusement, sur le terrain ce droit n´est pas respecté. L´acquisition du passeport ressemble à un parcours du combattant où le requérant se laisse dépouiller financièrement à cause des interférences de nombreux intermédiaires qui se dressent sur le parcours des demandeurs.
Concernant le partenaire avec qui signer le contrat, l´opinion s´est toujours posé la question de savoir pourquoi passer ce marché à des firmes étrangères au lieu de le confier à l´imprimerie de la Banque centrale du Congo(BCC) dont la capacité de production est sans doute supérieure à celle de ces fabricants étrangers. Il revient au gouvernement de choisir la meilleure option pour faciliter la tâche à ses citoyens qui ne doivent plus continuer à trimer pour acquérir un passeport, une simple pièce d'identité, mais dont on a mystifié la nature en RDC et compliqué l'acquisition.
Muke MUKE