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Importation des véhicules d’occasion : le gouvernement revient sur une vieille décision
Lors de la 60ème réunion du conseil des ministres présidé par la Première ministre Judith Suminwa, le vendredi 26 septembre, le gouvernement est revenu sur la réglementation de l’importation des véhicules d’occasion, une vieille mesure qui n’avait apporté aucun effet escompté. Selon le vice-Premier ministre, ministre des Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, porteur de cette mesure, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de sécurité routière et conformément aux engagements internationaux souscrits par la RDC.
À ce propos, il importe de souligner que dans différents secteurs de la vie nationale, la RDC dispose d’une riche législation de textes souvent révolutionnaires, mais qui souffre malheureusement de manque de suivi et d’exécution.
Cette réglementation sur les véhicules d’occasion existe depuis plusieurs années. Deux anciens Premiers ministres, en l’occurrence Samy Badibanga et Matata Ponyo, avaient pris une telle mesure. Le premier avait l’intention d’alléger les conditions d’importation des véhicules en décidant que les véhicules importés en RDC devaient avoir été mis en circulation «sur une période n’excédant pas 20 ans». Tandis que son collègue Matata Ponyo avait, pour sa part, interdit l’importation des véhicules en circulation avant une période de 10 ans.
On se demande si les deux mesures avaient été mises en application, qu’est-ce qui garantit que cette fois-ci sera la bonne?
Cette question renvoie à l’interrogation de savoir si les causes de cette problématique de recours aux véhicules d’occasion ont été déterminées car, comme le dit la médecine, pour soigner une maladie il faut s’attaquer à ses causes.
Revoir les frais de douane
Une analyse profonde de la législation douanière congolaise a conclu que les frais de douane à l’importation de notre pays sont parmi les plus élevés en Afrique et même dans le monde bien que la RDC fasse partie de l’Organisation mondiale des douanes (OMD). Pour preuve, les frais de dédouanement d’un véhicule pimpant neuf coûtent pratiquement autant que le prix d’achat de l’engin. C’est pourquoi, beaucoup de Congolais préfèrent acheter des véhicules d’occasion dont le coût de dédouanement est abordable. Malheureusement, en agissant ainsi ils perdent de vue l’autre face du problème, notamment la durée de vie de l’engin acheté. Il est souvent constaté que ce genre de véhicule ne roule pas longtemps avant de devenir la mitraille. Et la place de ces véhicules se trouve sur la voie publique où ils causent l’insalubrité et la laideur de la capitale.
En fait, limiter drastiquement l’importation des véhicules d’occasion est une bonne décision, mais il faudrait, en amont, une campagne de sensibilisation pour justifier la mesure et décourager les importateurs de ce type de véhicule.
Une autre action à mener concerne la sensibilisation des Congolais de la diaspora à qui on doit demander de choisir de bons véhicules à envoyer à leurs proches en RDC.
Quant au gouvernement, il est recommandé de s’assurer une application de la décision à prendre. Au cas contraire, il perd sa crédibilité et son emprise sur la population. Nous tombons alors dans la situation de crise d’autorité. Pour le cas qui nous concerne ici, le VPM des Transports est contraint de faire en sorte que cette fois, cette mesure devienne effective pour son propre bilan d’abord et celui de toute l’équipe Suminwa.
Muke MUKE