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Halte à la désinformation nucléaire
* « La Russie est opposée à la guerre nucléaire », a bien souligné Serguei Lavrov
Les mécanismes d’imposition d’une nouvelle thèse dans l’espace publique sont lancés en Occident au plus haut niveau, de manière transfrontalière et « trans-format ». C’est à la fois très primitif et très terrifiant: les Russes menacent par une guerre nucléaire, les Russes brandissent le bâton nucléaire.
Faut-il dire que cette thèse est très fausse et mensongère? Probablement pas.
Mais c’est elle qu’on impose parce qu’elle agit sur les peurs humaines les plus basiques: aussi bien sur l’expérience de l’ancienne génération, qui attendait toute la seconde moitié du XXe siècle une Troisième Guerre mondiale contre le communisme, que sur les jeunes occidentaux, pour travailler avec lesquels leurs gouvernements ont inventé un nouveau mécanisme – la « culture de l’annulation » (cette fois de tout le russe). Sachant que l’Occident ne se préoccupe pas de ce que Moscou dit, la signification des mots est déformée, directement pervertie.
Maintenant concrètement.
Il y a deux jours, en répondant dans une interview à une question de Dimitri Simes, Sergueï Lavrov a déclaré: « Pendant des années, encore sous l’administration Trump, nous prônions la réaffirmation au sommet par Moscou et Washington de la déclaration de Mikhaïl Gorbatchev et de Ronald Reagan de 1987 qu’il ne pouvait pas y avoir de vainqueurs dans une guerre nucléaire. Qu’elle ne devait jamais être déclenchée. Nous persuadions l’équipe de Donald Trump de réitérer cette déclaration importante pour nos peuples et pour le monde entier. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à prouver aux collègues la nécessité d’une telle démarche. Nous nous sommes rapidement entendus avec l’administration Biden. En juin 2021, lors d’un sommet à Genève, nos présidents ont fait une déclaration. En janvier 2022 a été réalisée une autre de nos initiatives en ce sens. En rapport avec le début prévu de la Conférence d’examen des parties au Traité sur la non-prolifération, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ont adopté une déclaration avec le même contenu. Les cinq dirigeants ont constaté l’inadmissibilité d’une guerre nucléaire. C’est notre position fondamentale. Nous partons de ce principe. Aujourd’hui, les risques sont très grands. Je ne voudrais pas qu’ils soient artificiellement attisés. Et ils sont nombreux à le vouloir. Le danger est grave et réel.«
Que faut-il noter à cet égard?
1. C’est la Russie qui a difficilement persuadé les États-Unis lors des longs pourparlers à réaffirmer la formule Gorbatchev-Reagan qu’il ne pouvait pas y avoir de vainqueurs dans une guerre nucléaire et qu’elle ne devait jamais être déclenchée.
2. C’est la Russie qui a persuadé les cinq membres permanents à adopter une déclaration ayant le même contenu.
3. Les risques existent, il ne faut pas les attiser, mais il ne faut pas non plus les sous-estimer.
Nous avons tout fait pour empêcher une guerre nucléaire, créer toutes les barrières nécessaires pour éviter un tel scénario (heureusement, elles ont fait leurs preuves pendant la guerre froide et fonctionnent aujourd’hui) parce que nous comprenons les risques et dangers réels d’un comportement irresponsable dans ce domaine. Nous ne pouvons pas admettre ne serait-ce que l’idée en soi d’une guerre nucléaire.
Les représentants occidentaux, dans les meilleures traditions de désinformation, fournissent aux médias, et ce, de manière coordonnée, une infox sur les menaces nucléaires de Moscou. Les ministères des Affaires étrangères des pays de l’Otan ont commencé à persuader la population de leurs États que les Russes « brandissent les armes« .
D’abord, les médias ont rencontré en Allemagne le chef du Pentagone Lloyd Austin pour dire que « les Russes menacent d’une bombe« , puis à Atlanta le directeur de la CIA William Burns s’est exprimé sur ce même sujet, tout en « retirant du placard » des retraités, notamment l’ancien secrétaire à l’Énergie Ernest Moniz pour continuer à alimenter le discours par « la menace nucléaire russe ».
Tout cela était préparé avant que le porte-parole du département d’Etat américain Ned Price ne qualifie les propos du Ministre russe de « bravade » et en même temps, paradoxalement, d’« escalade nucléaire potentielle » lors d’une conférence de presse.
À noter la manière maladroite avec laquelle cela a été présenté du point de vue médiatique. D’abord toutes les citations commanditées contre notre pays ont été répétées par un journaliste, puis elles ont été mentionnées par Ned Price. Un spectacle prévu pour un public non averti. Personne n’a jugé utile n’attirer l’attention sur le fait que le Ministre des Affaires étrangères parlait des risques et des tentatives de la Russie d’empêcher l’impensable.
Impensable pour nous, mais, se souvenant du sort de Hiroshima et de Nagasaki, malheureusement, possible pour nos collègues américains.
Le lendemain, la campagne a été appuyée par un traitement mental massif à travers les médias. Les tabloïds britanniques (Daily Mail et d’autres) et la presse analytique américaine de qualité, la télévision française et les journaux allemands, tous ont commencé à dire en chœur que Moscou menace par une Troisième Guerre mondiale. Et immédiatement l’Europe en parle: le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian parle des propos du Ministre russe comme d’une « rhétorique d’intimidation« .
On voudrait demander au Français, a-t-il vu au moins ce que Sergueï Lavrov a dit? Nous avons traduit l’interview.
Notre pays est opposé à la guerre nucléaire, c’est précisément ce qu’affirme le Ministre russe, c’est précisément la ligne de notre diplomatie dans notre activité.
Peut-être que le problème est que les capitales occidentales ont lu l’interview dans l’interprétation des médias occidentaux. C’est la seule chose qui puisse les justifier. Il ne fallait pas débrancher les sources d’information alternatives, les déclarations de la Russie seraient alors proches de l’original. Et non dans l’interprétation de leurs médias qui le font en suivant les consignes de l’Otan.