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Grogne au sein de l’Administration publique !
La gogne se porte bien au sein de l’Administration publique. Impayés depuis quasiment deux mois, les fonctionnaires ont du mal à souffler, tant leurs poches sont vides. Cadres et agents de l’Etat n’en peuvent plus d’attendre un hypothétique salaire qui n’est plus perçu à la date du paiement.
C’est dans le dénuement que bon nombre de fonctionnaires ont passé la fête de Pâques, le week-end dernier. Jusqu’au 10 avril dernier, la plupart de cadres et agents de l’Etat n’ont pas perçu leurs salaires du mois de mars. Pourtant, c’est le 15 de chaque mois que la paie débute.
Tout compte fait, dans six jours ces fonctionnaires vont totaliser deux mois d’arriérés de salaire. Selon le président de l’intersyndicale de l’Administration publique (IAP), c’est depuis dix ans que pareille situation n’a plus jamais été vécue.
Déplorant le fait que le Gouvernement est resté aphone sur cette question, le N° 1 de l’IAP a annoncé que le banc syndical va devoir s’en remettre aux autorités compétentes pour obtenir toutes les explications objectives justifiant ce blocage.
À ce sujet, Fidèle Kiyangi a rappelé que la paie du mois de février a connu pareille perturbation. Aucune explication n’ayant été fournie à ce propos, « nous avions pensé à un simple incident». Mais, a-t-renchéri, le fait que cette situation perdure ce mois de mars prouve à suffisance qu’il y a un problème de gouvernance quelque part.
QUAND LA GOUVERNANCE FAIT DEFAUT
Ce qui suscite davantage d’inquiétudes, c’est le fait que même les régies financières, qui sont les pourvoyeuses de recettes de l’Etat connaissent le même désagrément. Ce genre de comportement peut pousser les agents recouvreurs à poser des actes d’indélicatesse qui vont à l’encontre de l’éthique professionnelle.
Dans d’autres provinces du pays, notamment au Kwilu, tous ceux qui sont payés par le Trésor public accusent trois mois d’arriérés de salaire.
Le gouvernement interpellé
À quelques mois des élections générales, le gouvernement est invité à se ressaisir pour résoudre la paie tardive des agents de l’Etat. Au regard de leur nombre, les agents et cadres de l’Administration publique constituent une forte réserve des voix qu’il ne faut pas négliger. Les salaires constituent une créance prioritaire dont l’échéance de paiement ne doit pas se négocier.
De même qu’une stratégie à caractère politique est mise en place pour la victoire électorale-la récente signature et adoption de l’acte d’adhésion à l’Union sacrée de la Nation en font foi. De même il convient de trouver des solutions idoines pour la satisfaction des besoins socio-économiques de base de futurs électeurs.
Suite au déficit d’informations que l’IAP déplore, le gouvernement devrait combler ce vide en instaurant un dialogue social permanent avec le banc syndical pour éviter des malentendus, source de tensions, dans l’avenir surtout que ce cycle de retard dans la paie risque de se poursuivre encore pendant des mois. Muke MUKE