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Grand Kasaï : des militaires des FARDC accusés d'exactions sur l'axe Luiza-Mwene-Ditu
L'axe reliant le territoire de Luiza (Kasaï-Central), et Mwene-Ditu (Lomami), est devenu le foyer d'insécurit pour plusieurs usagers. Des militaires identifiés comme appartenant aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient instauré une barrière illégale à Nkuna, une localité située à 5 km du chef-lieu du groupement de Bajila-Nyoka, dans le territoire de Tshitambala à Mwene-Ditu. Cette barrière serait utilisée pour imposer des taxes illégales aux passants, suscitant l'indignation des habitants et la mobilisation des élus locaux pour mettre fin à ces pratiques.
L'information a été confirmée par Faustin Yanda Yanda, député provincial élu du territoire de Luiza, qui a dénoncé "le calvaire quotidien " des voyageurs depuis environ deux semaines. Selon le député, les usagers de cet axe affirment qu'ils subissent des paiements forcés sous peine de représailles, orchestrées par un groupe de militaires. Ces derniers auraient pris le contrôle de ce point stratégique, transformant la route en une source de revenus arbitraires.
Selon des témoins sur place, chaque passager doit s'acquitter d'une somme obligatoire pour passer, quelle que soit sa situation financière. Un habitant du village Th'unga, qui a requis l'anonymat par crainte de représailles, a témoigné : " Les militaires FARDC sont sur place depuis deux semaines. Ils obligent à chaque cycliste de payer 2 000 francs congolais (environ 0,70 USD), tandis que les motocyclistes doivent payer 5 000 FC (environ 1,75 USD). Ceux qui refusent de payer s'exposent à des menaces ou des sanctions ".
Les exactions ne s'arrêtent pas là. Les passagers qui osent emprunter cet itinéraire sans carte d'électeur sont confrontés à des exigences encore plus sévères. Les militaires n'hésitent pas à les retenir dans le cachot de la police locale jusqu'à ce qu'ils versent une amende allant de 80 000 à 100 000 francs congolais (soit environ 28,70 à 35,09 USD).
" Même si nous n'avons pas d'argent, ces militaires trouvent toujours un moyen de nous exiger une amende exorbitante. Moi-même, j'en ai fait les frais. Ils sont environ cinq soldats à opérer dans cette localité ", a ajouté un autre témoin.
Ces pratiques, jugées intolérables par les habitants de la région, ont suscité une vague d'indignation. De nombreux usagers dénoncent ces exactions et les qualifient de " véritables tracasseries ". Les élus locaux se mobilisent pour exiger la fin de ces agissements et la mise en place de mesures pour garantir la sécurité et la libre circulation des personnes et des biens sur cet axe stratégique.
Félix Mulumba Kalemba