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Gouvernance minière: Judith Suminwa prône transparence et souveraineté
C’est d’une voix grave et résolue que la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a donné mardi le ton du Dialogue national sur la gouvernance minière, convoqué dans un climat d’urgence, sur fond de guerre persistante et de pillage systématique des ressources dans l’Est du pays. La Cheffe du Gouvernement n’a pas mâché ses mots : l’heure est à la reconquête. Reconquête de la souveraineté, reconquête de la dignité nationale, reconquête de la vérité dans les circuits opaques de la richesse minière congolaise.
Au cœur du discours inaugural, une volonté ferme: bâtir une gouvernance minière éthique, inclusive, profondément ancrée dans la responsabilité citoyenne. «Il ne s’agit plus simplement de gérer nos minerais, mais de les faire parler au nom du peuple», a martelé la Première ministre, saluant avec gravité l’engagement des leaders de la société civile à initier ce sursaut collectif.
Alors que l’Est congolais continue de gémir sous les bruits de bottes et les coups de pioches clandestines, le Gouvernement Suminwa veut croire en une boussole morale. Transparence, traçabilité, responsabilisation: ces trois piliers, portés comme un triptyque républicain, doivent désormais encadrer l’activité minière, secteur aussi stratégique que perverti.
Des réformes ont été enclenchées, affirme l’exécutif. Renforcement des mécanismes de contrôle, assainissement des chaînes d’approvisionnement, mise à l’écart des opérateurs véreux… mais surtout, un changement de paradigme : la mine congolaise ne sera plus la rente des seigneurs de guerre, mais le levier d’un destin partagé.
La société civile : vigie républicaine
Face à une salle comble, Judith Suminwa a lancé un message clair aux acteurs de la société civile, qu’elle qualifie de «vigie républicaine». «Votre engagement aux côtés du Gouvernement n’est pas une faveur : c’est une responsabilité historique», a-t-elle dit, dans une adresse à la fois solennelle et fraternelle.
La société civile, longtemps reléguée au rôle de spectatrice critique, est désormais appelée à jouer les premiers rôles dans l’architecture de la gouvernance minière. Non pas comme supplétive de l’État, mais comme partenaire vigilant, garant des intérêts du peuple.
Un appui internationale is scrutateur
Ce nouveau souffle n’est pas passé inaperçu sur la scène internationale. L’Allemagne, notamment, apporte un soutien appuyé à cette dynamique de refondation. Transparence, respect des droits humains, standardisation des pratiques: les partenaires internationaux, bien que toujours sur la réserve, semblent prêts à accompagner cette réforme, à condition qu’elle ne reste pas lettre morte.
À l’horizon : une souveraineté retrouvée ?
Le dialogue national ne sera pas un simple conclave d’experts : il doit accoucher d’orientations concrètes. Le Gouvernement s’est engagé à analyser avec rigueur les conclusions issues de ces travaux, avec un objectif cardinal : mettre un terme au pillage des ressources et restaurer la pleine souveraineté de la République démocratique du Congo sur ses minerais.
Reste à savoir si cette volonté affichée se traduira dans les faits. Le peuple congolais, fatigué des promesses et des conférences, attend des actes. Mais pour l’heure, la parole a été posée. Ferme, grave, habillée de l’exigence du devoir. Une parole qui engage.
Ramsey