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Forcing versus boycott
Pour les initiés aux arcanes de la politique à la zairo-congolaise, rien de nouveau sous le soleil. Pas l’once d’un mystère sur le passage en force dont les prémices et prémisses se dessinent dans les travées de l’Hémicycle.
Faisant sienne l’expression » on ne réinvente pas la roue « , l’Union sacrée de la nation avec » le citoyen Mboso » à la manœuvre fait la mise à jour de bonnes vieilles recettes qui avaient permis aux pouvoirs d’avant-hier et d’hier de faire passer des lois-polémiques sans tenir compte des contestations de l’opposition.
C’est le cas de l’arsenal législatif autour du processus électoral actuellement en discussion, façon quasi-monologue, à la Chambre. Sans l’opposition parlementaire de fait incarnée par le FCC, sans Lamuka, les députés USN entendent poursuivre le débat sur la proposition de loi électorale.
Iront-ils jusqu’au bout de leur logique ? Vont-ils entonner sous forme de chant en paraphrasant le fameux proverbe » les opposants aboient, la caravane passe » ?
Symétriquement, opposants bien malgré eux ou par commodité de langage, les députés kabilistes sont à l’école de la politique de la chaise vide. Les voilà qui sèchent les plénières à l’Assemblée nationale.
Les élus estampillés FCC protestent contre la manière cavalière avec laquelle l’USN gère le processus électoral. Du péché originel que constitue à leurs yeux la désignation non consensuelle au niveau des confessions religieuses de Denis Kadima à la tête de la CENI à la commission parlementaire jugée -par eux- non paritaire chargée d’examiner les candidatures à la Centrale électorale pour désigner les délégués des forces politiques à la Centrale électorale.
Jusqu’où ira le bloc parlementaire FCC dans sa politique de la chaise vide ? Est-ce une simple posture d’avant négociation ou une politique assumée ? Mystère, faute de boule de cristal.
En attendant le dénuement de ce bras de fer, force est de constater cet exact inversement de rôles. Abonnés au boycott durant toutes les décennies passées dans l’opposition, Tshisekedi et les siens sont accusés de caresser l’idée du forcing. Hier sacrée cliente des procès en passage en force, la kabilie s’installe dans la politique de la chaise vide.
Un chiasme révélateur du » plus ça change, plus c’est la même chose » cher au romancier Alphonse Karr. Qui l’eût cru? Toza ko rond-point, trente-deux ans jour pour jour après le discours pro changement du Maréchal Mobutu. José NAWEJ