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Budget 2027 : 56.930 milliards FC déclaré recevable, l’Assemblée nationale ouvre la voie à l’examen approfondi
L’Assemblée nationale a déclaré recevable le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, chiffré à 56.930 milliards de francs congolais, au terme de deux jours de débats parlementaires, jeudi 29 et vendredi 30 octobre 2026.
Après les réponses de la Première ministre Judith Suminwa aux préoccupations des députés nationaux, le texte a été transmis à la commission Économique, financière et contrôle budgétaire (Écofin), qui dispose de 20 jours pour l’examiner, l’enrichir et présenter son rapport en plénière.
Présenté en équilibre entre les recettes et les dépenses, ce projet budgétaire affiche une progression de près de 12 % par rapport au budget rectificatif de 2026.
Il représente également près du triple des prévisions établies au début du premier quinquennat du président Félix-Antoine Tshisekedi, traduisant l’évolution du volume des ressources publiques projetées.
Prononçant la décision de la plénière, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a fixé la période des travaux de la commission Écofin du 2 au 21 novembre 2026. Il a appelé ses membres à respecter rigoureusement ce calendrier, conformément à l’article 158, alinéa 4, du règlement intérieur de la Chambre basse.
Le speaker de l’Assemblée nationale a également demandé à la commission de tenir compte du délai de sept jours réservé à l’examen du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025. Il a surtout insisté sur la nécessité d’intégrer les observations et recommandations formulées par les députés afin d’améliorer le contenu des textes soumis à leur examen.
UNE INTERVENTION ARTICULÉE AUTOUR DE TROIS ENJEUX MAJEURS
Aimé Boji a, par ailleurs, invité les députés non membres de la commission à prendre part aux travaux pour apporter leurs contributions, tout en rappelant aux membres du gouvernement concernés leur obligation de participer aux différentes réunions.
En amont de cette recevabilité, la Première ministre Judith Suminwa s’est livrée à un exercice d’explication et de clarification devant les élus nationaux. Saluant la qualité des échanges, elle a présenté les préoccupations des députés comme le reflet des attentes de la population congolaise.
Son intervention s’est articulée autour de trois enjeux majeurs : la crédibilité financière, la portée sociale et l’équité territoriale du budget. Sur le plan économique, le gouvernement table sur une croissance de 5,8 % en 2027, contre 5,6 % en 2026. Les recettes courantes devraient, quant à elles, progresser de 15,5 %, grâce aux réformes fiscales et à l’amélioration de la mobilisation des ressources publiques.
Sur le volet social, l’exécutif prévoit notamment la mécanisation de 50.000 agents publics non payés, la mise à la retraite de 30.000 fonctionnaires ainsi qu’une enveloppe de 825 milliards de francs congolais pour la poursuite du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T).
Pour Judith Suminwa, ces projections doivent impérativement se traduire par des améliorations concrètes dans le quotidien des Congolais. « Un budget n’est pas simplement un document de prévisions et d’autorisations de dépenses. C’est, avant tout, un contrat de confiance entre l’État et le peuple », a-t-elle affirmé.
CAP SUR L’EXAMEN APPROFONDI DU RAPPORT AVANT LE SÉNAT
Après son examen en commission Écofin, le projet de loi de finances reviendra en séance plénière pour la présentation et l’examen approfondi du rapport, avant son adoption par l’Assemblée nationale. Il sera ensuite transmis au Sénat pour une seconde lecture, puis soumis au président de la République pour promulgation.
La recevabilité constitue ainsi une première étape parlementaire décisive. Les 20 jours accordés à la commission Écofin devront permettre de passer au crible les prévisions gouvernementales et de consolider les orientations d’un budget dont l’enjeu central reste la transformation des ressources publiques en réponses concrètes aux besoins économiques et sociaux du pays.
Jérémie ASOKO