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EPST : des établissements primaires publics de Kinshasa en grève silencieuse !
Une grève « discrète » est décrétée depuis le 2 mai courant, dans certains établissements primaires publics de Kinshasa. Des sources qualifiées des comités des parents citent, nommément les lycées Boligani sacré-cœur, Bienheureuse Anuarité, les collèges Boboto et Saint Edouard…où les écoliers n’apprennent plus rien depuis dix jours.
A en croire des sources croisées, le non-respect des accords de Bibwa, par la partie Gouvernementale, serait à la base de cette énième grève décrétée par le Syndicat national des enseignants des écoles primaires publiques de la RD Congo.
« Nous déclarons l’arrêt des activités dans tous les établissements publics du primaire sur toute l’étendue du territoire national à partir de ce lundi 2 mai, jusqu’à nouvel ordre. Aux parents, nous leur demandons de garder leurs enfants à la maison pour leur sécurité. Nous demandons à tous les camarades enseignants et à toutes les autorité politico-administratives, de respecter ce mot d’ordre sans intimider les enseignants« , avertissait le même Syndicat national des Enseignants, dans un communiqué diffusé un jour plus tôt avant la grève.
Cependant, dans les milieux des parents, le ton monte. Car, nombreux ne comprennent pas qu’à un mois et demi de la clôture de l’année scolaire en cours, pareille situation soit observée dans des écoles publiques.
« Ils nous ont demandé de payer 100 $Us à Bolingani. Dans une autre école, il a été exigé aux parents de payer 200$Us, malgré le principe acquis de la gratuité de l’Enseignement de base dans tous les établissements publics. Alors, je ne comprends pas qu’après qu’on a payé toutes ces sommes, nos enfants se rendent à l’école et reviennent à la maison sans avoir rien appris, au motif que les enseignants sont en grève. Nous demandons à l’Assemblée nationale d’interpeller le ministre de tutelle afin d’éclairer cette situation« , hurle un parent d’élève, dans un message enregistré, diffusé dans le Magazine « Parole aux auditeurs » de Top Congo.
LE SYECO PAS CONCERNE
Jointe au téléphone tard hier dans la soirée par Forum des As, la Secrétaire générale du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), sur un ton de révolte, dit non plus ne pas digérer cet arrêt d’activités dans certaines écoles publiques bien connues.
« Ce sont les écoles conventionnées catholiques qui se croient être au-dessus de la loi, pour se faire de l’argent. Ce sont des prêtres et des religieuses. Ils avent pourquoi ils sont décidé d’aller en grève. Motivés par ce qu’ils ont amassés auprès des parents, avant l’effectivité de la gratuité de l’Enseignement de base, ils tiennent mordicus au retour à la situation ancienne. A savoir, la fameuse prise en charge de l’Enseignant par les parents. Pourtant, ces mêmes écoles ont une prime de 200.000fc en termes de dividendes de la gratuité de l’Enseignement, alors que d’autres n’en ont que 30.000fc. Simplement ahurissant, » déclare les dents serrées, Mme Cécile Tshiyombo.
Tout en reconnaissant aux gestionnaires des écoles concernées, leur droit à la grève, la SG du SYECO estime cependant, que ces derniers devraient être honnêtes envers eux-mêmes. Ils doivent opérer le choix, soit de demeurer des établissements publics et donc contrôlés par l’Etat, soit se transformer carrément en écoles privées pour ainsi, s’échapper au regard régalien de la puissance publique.
« La Constitution de notre pays, spécialement en son article 43, consacre la gratuité de l’Enseignement de base dans tous les établissements publics. Etant donné qu’il s’agit d’une loi, entendue comme disposition générale et opposable à tous, personne ne saurait se soustraire du strict respect de cette disposition légale. Si l’Eglise catholique pense qu’elle est au dessus de la loi, alors elle n’a qu’à transformer ses écoles et en établissements privés« , enchaine Cécile Tshiyombo.
Et de renchérir : « C’est depuis 2019 que nous avons commencé à démystifier ces écoles (ndlr : les écoles conventionnées catholiques) dont les parents se croient être riches, en acceptant de devenir des employeurs des enseignants de leurs enfants, alors qu’ils ne le sont pas. Il n’y a pas grève. Ce sont donc ces prêtres et des religieuses qui exigent aux enseignants de ne pas transmettre les leçons, sous peine d’être radié de la liste du personnel. Alors, libre à ces parents nantis de reprendre la prise en charge des enseignants de leurs enfants, et laisser tranquilles, les enfants issus de familles sans revenus, bénéficier de la gratuité de l’enseignement ».
En ce qui concerne la raison évoquée par les grévistes, à savoir le non-respect des engagements de l’Accord de Bibwa, par le Gouvernement, la secrétaire générale du Syeco balaye tout d’un revers de la main. « Le Gouvernement a bel et respecté sa part de contrat. Car, après l’addendum de Bibwa, il a été décidé la prise en charge de Nouvelles unités (NU), les vraies qui ont presté pendant plusieurs années, mais sans être payés. Et, comme les enseignants des écoles conventionnées catholiques veulent continuer à s’enrichir sur le dos des parents, alors il est de bon droit que l’Etat le salaire à ces moniteurs et laisser à l’Eglise catholique, la responsabilité de les payer », a-t-elle conclu. Grevisse KABREL