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Diplôme d’Etat , cet autre thermomètre…
C’est le jour j pour les finalistes des humanités. Le millésime 2021 sera connu ce jeudi. Sommeliers et dégustateurs occasionnels sont au moins d’accord sur une chose : la qualité du cru va decrescendo. D’année en en année.
Pour le coup, le contraste est effarant entre les scènes de réjouissances XXL et la valeur du sésame. A savoir » Sa majesté le diplôme d’Etat « . Autant démythifié que démystifié. Autant dévalorisé que démonétisé. En tout cas tombé de son piédestal depuis belle lurette, le diplôme d’Etat poursuit sa chute dans les abysses. Jusqu’où ? Jusqu’à quand ? Là commence l’interpellation collective.
Reflet exact du niveau de déglingue de la société, ce parchemin est donc ce thermomètre qui renseigne sur le degré de la fièvre. Ce n’est pas en le cassant qu’on ferait retomber la fièvre. Mais en soignant la maladie pour laquelle le diagnostic a été maintes fois dressé. La thérapie de choc aussi.
Sauf que faute de volonté politique, les dirigeants font fi du dicton » aux grands maux, les grands remèdes « . Cheville ouvrière du dispositif, l’enseignant attend toujours la requalification substantielle de son équation. Résultat, rien n’est véritablement entrepris pour redresser l’enseignement fondamental et primaire, socle des humanités.
Face à l’impératif et à urgence d’investir d’abord dans l’enseignant, la gratuité en cours sans service après-vente fait figure de palliatif aléatoire de l’instant. Pire, telle qu’elle est menée elle risque de ressembler à ce remède plus dangereux que le mal. A quoi servirait-il de voir des enfants aller en masse à l’école si l’instituteur subit le contrecoup de la gratuité dans son ventre et…dans ses indispensables pour préparer les matières ?
Conditionnant le devenir et l’avenir du pays, l’enseignement mérite donc des solutions radicales et non juste des recettes politiquement rentables ou socialement apaisantes. On ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs.
Diplôme d’Etat rimant avec homme d’Etat, le remède de cheval requiert justement des hommes d’Etat. C’est-à-dire ceux qui, comme le définit l’américain Freeman Clarke repris par Winston Churchill, travaillent non pas pour la prochaine élection, mais pour les générations futures.
Les bacheliers qui vont prendre d’assaut les différents carrefours de Kinshasa-pas seulement hélas- constituent précisément les garants de notre avenir commun. A ce stade, pas la peine d’être futurologue, astrologue, prestidigitateur, prophète pour prédire l’avenir. Les finalistes sont, pour le coup, la boule de cristal grandeur nature pour lire notre futur. Pas reluisant. Un euphémisme. José NAWEJ