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Défense nationale : l’intégration des Wazalendo au cœur d’un café politique
A la veille de la Journée nationale de la Révolution et des Forces armées, célébrées le 17 mai dernier, la Fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung (FES) a jugé propice de mettre le curseur sur les ‘‘Wazalendo’’. Ces patriotes mobilisés aux côtés de l’armée régulière pour assurer l’autodéfense du territoire national face aux attaques des troupes diligentées par des pays étrangers. Issus, pour la plupart, de la Société civile, les intervenants au Café politique Uongozi ont consacré deux heures pour éclairer l’opinion sur cette thématique sensible.
Devant des centaines de participants réunis au Cercle Elaeis, à Kinshasa, les panélistes ont débattu le 15 mai dernier sur le rôle, le financement et l’avenir de ces combattants issus de la vie civile qui épaulent les forces loyalistes sur tous les fronts où la sécurité nationale est menacée.
Experte en genre, bonne gouvernance, élection et médiation des conflits, Mme Elodie Ntamuzinda W’Igulu a reconnu le rôle important des ‘‘Wazalendo’’ dans les zones occupées à l’Est de la République démocratique du Congo. Comme auparavant les ‘‘Maï-Maï’’, ces compatriotes se sont armés pour protéger leurs familles en détresse à chaque fois qu’une portion du territoire national a été envahie par des forces négatives.
Connaissant parfaitement la région et liée à leur terre natale qu’ils ne veulent abandonnés, ces combattants patriotes sont devenus, au fil du temps, des alliés utiles des Forces armées de la République démocratique du Congo, assure Mme Elodie Ntamuzinda.
A vrai dire, explique Dr Emmanuel Daddy Saleh, le Coordonnateur national des ‘‘Wazalendo’’, le front armé est constitué de 70% de ces combattants patriotes qui trouvent la légitimité de leur engagement dans l’article 63 de la Constitution du 16 février 2006. Une disposition relative à un engagement citoyen à la défense du pays en danger.
Toutefois, l’intégration des ‘‘Wazalendo’’ dans la sphère des unités combattantes n’a toujours pas été facile, reconnaît Me Emmanuel Kabangele, Coordonnateur national du Réseau pour la réforme et du secteur de la sécurité et de la justice. Privés initialement des fonds publics pour survivre au front, ils ont dû verser dans certaines bavures pour soutirer des ressources auprès des populations civiles, indique Me Emmanuel Kabangele.
Ces bavures vont jusqu’à l’érection des barrières illégales, aux enlèvements pour exiger des rançons, aux assassinats ciblés commandités, note-t-il. Ces pratiques, qui ne sont pas généralisées, sont à déplorer, souligne ce militant des droits de l’homme.
Avocat au Barreau de Kinshasa Matete et chercheur pour les dynamiques de conflits en RDC et dans la région des Grands Lacs, Nickson Kambale Kasola a reconnu qu’en temps de guerre, prévaut souvent la négation des droits. Mais, il a insisté pour que soit documentée toute violation des droits de l’homme dans les zones en conflit. Un refrain repris en cœur par Mme Elodie Ntamuzinda.
Magistrat du parquet en RDC, juriste spécialisé en droit public, Héritier Madundelo Baika a circonscrit le contexte de cette thématique censée éclairer l’opinion sur la genèse de ce mouvement d’autodéfense qui n’est pas à confondre aux forces négatives. Tout en relevant les avantages et les désavantages, il a insisté sur les perspectives : l’intégration effective dans l’armée régulière moyennant formation ou démobilisation pour réinsertion dans la vie civile.
Directeur chargé des opérations civilo-militaires et éveil patriotique, le Colonel Malumba a éclairé la lanterne de l’assistance sur la Réserve armée de la Défense (RADE) qui a été récemment créée pour encadrer et réinsérer des combattants civils en RDC. Qu’il s’agisse des ‘‘Wazalendo’’ ou des ‘‘Mobondo’’, à l’Ouest du pays pour l’intérêt public.
Organisé mensuellement avec le concours de la Dynamique des politologues du Congo (DYPOC), coordonnée par Christian Ndombo Moleka, le café politique ‘‘Uongozi’’ est financé par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung. Directeur pays de cette fondation allemande en RDC, M. Constantin Grund, s’investit à travers cette initiative pour promouvoir le débat citoyen et la culture démocratique.
Yves KALIKAT