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CRISE EN PERSPECTIVE A L'ASSEMBLEE NATIONALE : Justin Bitakwira lance un appel à l'apaisement
* "Quand une maison brûle, on fait appel aux extincteurs et non à ceux qui allument le feu", lâche l'élu d'Uvira
Ça vole pas haut à la Chambre basse du Parlement de la RD Congo, où cinq membres sur les sept qui composent le bureau, sont visés par des pétitions. Cible privilégiée : Vital Kamerhe, speaker de la Représentation nationale. Tenez, la séance plénière d'hier mercredi 17 septembre à l'Assemblée nationale, dirigée par le député Jean-Claude Tshilumbayi, a été secouée par une vive agitation dans l'hémicycle quant aux étapes des pétitions déposées contre les cinq membres du bureau.
A l'origine de ce climat pas bon enfant, l'intervention du député Justin Bitakwira que d'aucuns ont surnommé " l'homme-proverbe ". L'élu d'Uvira dans la province du Sud-Kivu, a donc interpellé ses collègues, en évoquant les parties du territoire national tombées sous le contrôle de la coalition rebelle AFC-M23, soutenue par le Rwanda.
" Le peuple qui nous regarde, pense que nous sommes des inconscients ", a-t-il lâché, avant d'être interrompu par une réaction spontanée de l'Assemblée, sur fond de colère et d'indignation, lui demandant de retirer ses propos.
Dans une métaphore, Justin Bitakwira a comparé la situation de crise à l'Assemblée nationale, avec celle d'une case en feu. Aussi, dit-il, " quand une maison brûle ", on fait appel aux extincteurs et non à ceux qui allument le feu. Je suis devant vous comme témoins des massacres, des morts dans l'Est de notre pays ! ". Ce qui a de nouveau irrité ses collègues députés nationaux qui l'ont accusé de vouloir intentionnellement les écarter de l'ordre du jour de leur plénière.
En effet, Justin Bitakwira juge inopportune, la démarche actuelle visant la déchéance de Vital Kamerhe et de quatre autres membres du Bureau de l'Assemblée nationale.
"Je viens du front et le peuple se demande si nous sommes dans une République normale où une ou plusieurs parties du pays sont occupées. Et quand ce peuple nous regarde, il pense qu'il a en face de lui des inconscients", a-t-il dit en taclant ses collègues députés nationaux du haut de la tribune de l'Assemblée nationale avant d'être interrompu par des bruits abasourdissants.
"Si pour une fois, en tant que griot national, on n'a pas besoin de m'écouter, je cède le micro pour ne rien dire", a conclu Bitakwira dans une intervention musclée.
On rappelle que la plénière d'hier à l'Assemblée nationale, la 2ème de la session ordinaire ouverte le lundi 15 septembre, a eu un seul point inscrit à l'ordre du jour. A savoir : La mise en place d'une Commission spéciale et temporaire chargée de statuer sur les pétitions visant cinq membres du Bureau de l'Assemblée nationale. Sont concernés : Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale ; Jacques Djoli, rapporteur ; Dominique Munongo, rapporteur adjointe; Chimène Polipoli, questeure ; et Grâce Neema, questeure adjointe.
Conformément à l'article 31, alinéa 4, du Règlement intérieur de la Chambre basse, la séance a été dirigée par le Premier vice-président, Jean-Claude Tshilumbayi non visé par les pétitions, aux côtés du deuxième vice-Président, Christophe Mboso Nkodia. Les travaux ont été ouverts par la lecture d'une note technique émanant des services administratifs de la représentation nationale.
GB