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Création de la nouvelle compagnie Air Congo SA : changement d’appellation n’est pas solution à la faillite
Le gouvernement est en voie de créer une nouvelle compagnie aérienne en remplacement de Congo Airways. Si ce projet voit réellement le jour, en l’espace de quelques années, les Congolais auront connu ainsi trois sociétés d’aviation civile. Air Zaïre, Congo Airways et bientôt Air Congo.
Malheureusement, ce jeu de mots ne résout pas la question de fond qui concerne la gestion des recettes générées par ces entreprises. Tant que l’Etat ne cherche pas à déterminer les causes objectives de la faillite de ces compagnies, nous irons de dénomination en dénomination sans sortir de l’ornière.
Si Air Zaïre a connu un fiasco financier, la cause incombe aux différents gouvernements qui s’étaient succédé à l’époque de la dictature mobutiste.
Les avions de cette entreprise étatique étaient réquisitionnés vaille que vaille sans la moindre compensation. Le retrait des fonds s’opérait dans la caisse au profit des dignitaires du régime, sans compter les dépenses extravagantes au profit du personnel dirigeant, à l’exemple des voyages annuels en Europe à charge de la compagnie.
Cependant, les dépenses d’investissement étaient réduites au plus bas niveau. Comme il fallait s’y attendre, une telle gestion obscurantiste ne devait qu’entraîner la fermeture d’Air Zaïre.
Les nouvelles autorités du pays qui ont hérité de cette triste situation, au lieu de s’attaquer aux causes profondes de cette faillite, ont préféré des solutions décoratives. En toute logique, elles n’auraient pas dû créer une nouvelle compagnie aérienne, étant donné qu’Air Zaïre disposait d’un riche patrimoine immobilier à travers toutes les provinces du pays.
La tâche aurait consisté à acheter une flotte aérienne permettant de relancer cette société qui avait fait la fierté du Zaïre. Contre toute attente, Air Zaïre a été enterré pour être remplacé par Congo Airways, une société aux contours flous. L’accord scellé entre le gouvernement congolais de l’époque et Kenya Airways l’a été dans un imbroglio total. Les conséquences de ce contrat léonin sont catastrophiques aujourd’hui pour le pays. Alors qu’à l’époque la flotte d’Air Zaïre était l’une des plus riches de l’Afrique, avec Congo Airways la RDC n’a pas un seul aéronef. C’est une situation au-delà du ridicule.
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? C’est un sujet qui mérite tout un débat au niveau du Parlement. Mais qui va le soulever ? Nos (élus) ont le cœur ailleurs. Ils ne s’intéressent qu’aux dividendes immédiats.
Pour revenir à la problématique de la création d’Air Congo SA, objectivement et rationnellement, le gouvernement devrait opter pour la renaissance de l’ex Air Zaïre qui dispose d’un patrimoine immobilier très riche. C’est un atout très important par rapport à l’option de créer Air Congo SA, option qui exige beaucoup de préalables. La location des bureaux pour l’administration coûtera plus que le règlement des litiges vis-à-vis des anciens cadres et agents. Il est vrai qu’il subsiste des nombreux litiges à régler vis-à-vis d’anciens agents à qui il faut payer des droits, mais entre deux maux, il faut choisir le moindre.
TRANSPARENCE DANS LA GESTION
Par ailleurs, une chose est de créer une entreprise, une autre est de savoir la faire prospérer. En matière d’aviation civile et commerciale, des compagnies aériennes telles que Kenya Airways, Ethiopian Airways … ont résisté aux soubresauts qui ont attaqué leur secteur. C’est sans doute à cause de la transparence dans leur gestion qu’elles s’en sorties tête haute. Mais si Air Congo SA que le gouvernement veut créer dans les jours à venir, tombe dans les mêmes turpitudes de gestion que ses ancêtres, il ne devra que connaître le même sort. Les mêmes causes produisent les mêmes effets, dit une célèbre sentence.
Ce projet de mettre en place une compagnie aérienne de droit congolais ne peut qu’être applaudie par la population. Car, il est inadmissible qu’un pays aussi géant et aux fabuleuses ressources naturelles ne dispose pas d’une société aérienne nationale. Le gouvernement est invité à lever une option idoine digne de la grande RDC et pour le bonheur de la population. Il ne faut plus retomber dans le contrat léonin du type de celui qui a donné naissance à Congo Airways. Muke MUKE