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CONFLIT FONCIER DANS LE TERRITOIRE DE DIBAYA : Un mort et six blessés dans un affrontement entre les partisans de deux chefs coutumiers
Un violent conflit foncier opposant deux chefs coutumiers dans le territoire de Dibaya, province du Kasaï-Central, a causé un mort et six blessés graves. Ces faits ont eu lieu le lundi 24 mars. Les tensions persistantes entre les chefs des groupements Bena Mutembu et Bakua Tshipamba, situés dans le secteur de Dibanda, ont atteint leur paroxysme, plongeant les populations locales dans un climat de peur et d'insécurité.
Selon des sources locales, ce différend porte sur des terres agricoles et des limites territoriales contestées entre les deux groupements. Bien que les origines exactes du litige restent à clarifier, les tensions latentes ont explosé en violences physiques, entraînant des échauffourées armées entre partisans des deux camps. Les victimes, dont les identités n'ont pas encore été officiellement confirmées, auraient été touchées par des armes blanches et des projectiles.
Toutefois, les autorités sanitaires de la zone confirment que les blessés ont été évacués vers le centre de santé de Dibaya, où leur état est considéré comme grave. Face à cette situation, les forces de l'ordre ont été déployées sur place pour tenter de contenir les manifestants. Aucune arrestation n'a été signalée.
Exode nocturne des populations civiles : une crise humanitaire en gestation
Le Réseau des Jeunes de Dibaya (REJED), organisation locale de la société civile, a tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences humanitaires de ce conflit. De nombreux habitants, craignant de nouvelles violences, ont abandonné leurs habitations dès la tombée de la nuit pour se réfugier dans la brousse, exposés aux intempéries et aux risques sanitaires.
Dans une déclaration officielle, William Kasuku, coordonnateur du REJED, a dénoncé avec fermeté cette crise :
" Nous sommes à Dibaya, dans le secteur de Dibanda, où un conflit foncier a éclaté entre deux chefs coutumiers. Cette situation doit cesser immédiatement. Actuellement, les populations de Bena Mutembu et de Bakua Tshipamba vivent dans la peur et l'angoisse, contraintes de se réfugier dans la brousse dans des conditions précaires. Nous condamnons fermement cette crise et appelons les chefs des groupements concernés à s'asseoir ensemble pour dialoguer et trouver une solution durable. "
Face à cette escalade inquiétante, les acteurs locaux et les organisations de la société civile interpellent les autorités provinciales et nationales afin d'intervenir sans délai pour garantir la sécurité des civils, donner de réponse à ce conflit foncier, enquêter sur les violences et apporter une assistance humanitaire.
Historiquement, les communautés de Bena Mutembu et Bakua Tshipamba ont toujours coexisté pacifiquement, ce qui rend cette flambée de violence d'autant plus préoccupante. Si aucune mesure urgente n'est prise, les risques de représailles et d'extension du conflit demeurent élevés.
Contacté par le permanent de Forum des As dans le Grand Kasaï, le gouverneur de la province du Kasaï-Central n'a pas encore réagi officiellement.
Cependant, des sources proches de l'administration provinciale indiquent qu'une mission de conciliation serait en préparation. Par ailleurs, le ministère de l'Intérieur pourrait être saisi pour arbitrer ce conflit de trop dans l'optique d'éviter une répétition des tragédies similaires observées dans d'autres régions du pays.
Félix Mulumba Kalemba