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Commerce sino-africain : les exportateurs africains accélèrent leur conquête du marché chinois grâce au tarif douanier zéro
« La diversité de nos produits reflète la richesse de l'Afrique ».
Les entreprises africaines intensifient leur offensive sur le marché chinois, portées par la suppression des droits de douane sur 100 % des lignes tarifaires accordée par Pékin à 53 pays africains. Cette mesure, combinée à la diversification des échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique, ouvre de nouvelles perspectives aux producteurs du continent, désormais déterminés à accroître leur présence dans la deuxième économie mondiale.
Réunis à Jinhua, dans la province chinoise du Zhejiang, à l'occasion de l'événement « Marque de la Route de la soie au Zhejiang », une soixantaine d'exportateurs africains et kirghiz ont présenté une large gamme de produits : café, miel, épices, aliments transformés, artisanat et bijoux à des acheteurs chinois en quête de nouveaux fournisseurs.
Pour ces entrepreneurs, la décision de Pékin d'étendre cette année le traitement tarifaire nul constitue un tournant majeur.
« Cette politique est une excellente nouvelle. Elle ouvre la porte à nos produits africains et nous donne un réel avantage », affirme l'homme d'affaires égyptien Hisham El Gazzar, qui envisage désormais de faire de la Chine son principal marché après plus de vingt ans d'exportations vers l'Europe et les États-Unis.
« LA DIVERSITÉ DE NOS PRODUITS REFLÈTE LA RICHESSE DE L'AFRIQUE »
Même enthousiasme du côté de Reginald Saria, exportateur tanzanien de miel naturel, qui voit dans cette initiative bien plus qu'une opportunité commerciale.
« Nous venons avec un esprit d'apprentissage, d'échange et de collaboration. La diversité de nos produits reflète la richesse de l'Afrique et les immenses possibilités de coopération avec la Chine », souligne-t-il.
Cette dynamique s'inscrit dans un contexte de croissance soutenue des relations économiques sino-africaines. La Chine demeure le premier partenaire commercial de l'Afrique pour la seizième année consécutive. En 2024, les échanges bilatéraux ont atteint un niveau historique de 295,6 milliards de dollars, confirmant la solidité d'un partenariat économique en pleine mutation.
Selon les spécialistes du commerce international, la suppression des droits de douane renforce la compétitivité des produits africains sur le marché chinois.
« Le traitement tarifaire nul rendra certainement les produits africains plus compétitifs en Chine », estime Mao Tianyu, responsable au Centre du commerce international (CCI), qui relève l'intérêt croissant des consommateurs chinois pour des produits africains de qualité, notamment le miel.
CRÉATION D'UNE FILIÈRE DÉDIÉE AUX EXPORTATEURS AFRICAINS
Face à cette nouvelle donne, plusieurs entreprises chinoises adaptent déjà leurs stratégies. La société Merit Link, spécialisée dans l'accompagnement des petites et moyennes entreprises, prévoit de créer une filière dédiée aux exportateurs africains de produits agroalimentaires.
« Nous ouvrirons une voie réservée aux exportateurs africains, soutenue par la politique tarifaire zéro », annonce son président, Steven Xu.
Au-delà des volumes d'échanges, le partenariat économique entre la Chine et l'Afrique connaît une transformation profonde. Longtemps centré sur les matières premières, il s'oriente désormais vers les produits à plus forte valeur ajoutée, l'agroalimentaire transformé, les technologies numériques et le commerce électronique transfrontalier, qui prennent une place croissante dans les échanges.
Pour les entrepreneurs africains, cette évolution représente une occasion unique d'acquérir de nouvelles compétences et d'intégrer les chaînes de valeur mondiales.
« Les connaissances, les compétences et les réseaux que nous acquérons en Chine sont des graines que nous devons planter lorsque nous rentrons chez nous », résume Reginald Saria, tout en invitant les investisseurs chinois à nouer des partenariats durables avec les entreprises africaines.
Des défis subsistent néanmoins. De nombreuses entreprises africaines peinent encore à satisfaire la demande du marché chinois en raison de capacités de production limitées. Les experts plaident ainsi pour un renforcement de la coopération dans les domaines de la logistique, des chaînes d'approvisionnement, de la transformation industrielle et du commerce électronique, afin de permettre aux producteurs africains de tirer pleinement profit de l'ouverture sans précédent du marché chinois.
DK