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Bonne initiative citoyenne , mais….
Comment ne pas saluer la vague citoyenne et patriotique qui a déferlé hier dans les travées de l’Hémicycle ? Des compatriotes ont porté le martyr des populations de l’Est du pays à l’Assemblée nationale. Ils ne se sont pas trompés de tribune. La Chambre étant la Représentation nationale par excellence.
Par leurs différents leviers -législatifs, contrôle de l’Exécutif, « diplomatie » parlementaire – les députés peuvent et devraient peser de tout leur poids pour aider à la fin de l’activisme meurtrier des groupes armés dans la partie orientale du pays. Au demeurant, pendant la campagne électorale, les candidats députés ne cessent de se promettre d’être, une fois élus, des avocats du peuple. Il n’y a pas de cause à plaider plus prégnante que celle du drame qui sévit et que vit la population de l’Est rd congolais.
Pour autant, pour nombreux qu’ils soient les groupes armés ne devraient pas être cet arbre qui cache la forêt. Dans le lexique médical, même le moins doué de médecins sait distinguer la maladie de symptômes.
Ceux-ci étant par définition la manifestation extérieure de celle-là. Dans ce même champ de la médecine, on parle des maladies opportunistes. Celles qui surviennent à la suite de l’infection basique. Il est donc primordial d’éradiquer la « maladie-mère ».
A l’Est, on ne le soulignera jamais assez, tout diagnostic qui n’intégrerait pas l’origine géopolitique et régionale de la tragédie serait superficiel. En l’occurrence, résoudre la question de l’Est postule deux démarches préalables.
La première en direction de certains grands pays du Nord et leurs technostructures tentaculaires -multinationales, ONGS dites humanitaires qui ont parié dès les années 90 sur le saucissonnage de l’ex-Zaïre. C’est cette implication de ces capitales occidentales et leurs écosystèmes affairistes qui phagocytent le travail de la Monusco. La mission onusienne dont tout le monde sait d’où provient le gros du financement.
Ensuite, impossible de déconnecter les vieilles velléités anti-souveraineté congolaise de la sous-traitance locale confiée ou assumée -c’est selon- par certains pays voisins pour d’une part régler leurs contradictions internes sur le sol congolais.
Et d’autre part, s’enrichir par le biais des rébellions business qu’ils parrainent.
C’est sur ce fond d’intérêts géopolitiques, économiques croisés et de la déliquescence en partie programmée du pouvoir central depuis le crépuscule de régime Mobutu que des groupes armés prospèrent dans l’Est.
Aussi mortifères soient-ils, ceux-ci sont autant d’épiphénomènes face au phénomène que le dessin funeste de vassaliser la RDC.
La classe dirigeante devrait avoir le courage patriotique d’aborder l’équation de l’Est à l’aune de ses paramètres fonciers.
Au regard de la sempiternelle extraversion d’une bonne partie de l’establishment rd congolais et donc des relations clientélistes entre dirigeants et » faiseurs » des rois occidentaux, pas sûr que la question de l’Est du pays soit posée dans ses véritables termes. La énième séquence « Minembwe » en fait foi. Bien malin qui pourrait dire où l’on en est.
José NAWEJ
Tiré de l’édition du 30 mars