Dernière minute
Société
" Ce n'est pas l'âge qui procure la sagesse !", enseigne cette sagesse biblique qu'un anonyme a voulu bien nous rappeler. Ce verset biblique est tiré du 9ème verset, chapitre 32ème du livre de Job.
Trois versions en parlent: " Ce n'est pas l'âge qui procure la…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Les contours de l'entrée inaugurale de la République démocratique du Congo sur le marché international des capitaux, couronnée par une levée de fonds à hauteur de 1,25 milliard de dollars étaient…
Étranger
La République de l’Équateur a réaffirmé, vendredi, son soutien à l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc en 2007, la qualifiant de la seule solution sérieuse, crédible et réaliste au…
Nation
Figure bien connue des animateurs de football en République démocratique du Congo, Michel Mbolandinga de son vrai nom, plus célèbre sous le sobriquet de Lumumba Vea, vient de franchir un cap…
AU LENDEMAIN DE SA PARTICIPATION AUX CONSULTATIONS POLITIQUES : Moni Della révèle les trois paliers proposés à Eberande pour sortir de la crise
Dans un entretien accordé à Forum des As le 4 avril dernier au lendemain de sa rencontre avec le conseil spécial du chef de l’État en marge des consultations politiques, Moïse Moni Della, chef du parti Conservateur de la Nature et Démocrate (CONADE), a détaillé sa vision pour sortir la RDC de la crise sécuritaire. Son plan repose sur trois paliers stratégiques dont la concertation nationale, et l’implication de toutes les confessions religieuses pour ne citer que cela, qu’il considère comme des étapes incontournables vers une paix durable.
Alors que plusieurs figures emblématiques de l’opposition ont décliné l’invitation du président Félix Tshisekedi aux consultations en vue de former un gouvernement d’union nationale, l’opposant Moïse Moni, a surpris la scène politique en répondant favorablement.
Mais pour lui, cet acte n’est ni une compromission ni un calcul politique. Il revendique une décision dictée par la conscience et la conviction, et non par la connivence et la convenance.
Les consultations, première étape vers le dialogue national
Pour lui, la première étape vers la paix est un dialogue national réellement inclusif. Il soutient que les consultations menées par le président Tshisekedi ne doivent être qu’un point de départ vers des assises plus larges, impliquant toutes les forces vives de la nation.
«La mise en place du gouvernement d’union nationale ne doit pas être vue comme un objectif en soi, mais comme une étape vers un dialogue inclusif. Je plaide pour un dialogue qui ne soit pas seulement organisé par la CENCO, mais qui inclut aussi l’ECC, les musulmans, les kimbanguistes et les églises de réveil. Pourquoi se limiter aux catholiques et aux protestants ? Je suis musulman et je trouve normal que toutes les confessions soient représentées. »
Fusionner les Initiatives de Luanda et de Nairobi
Le deuxième pilier de son plan concerne la médiation sous-régionale. Selon lui, la formation de ce gouvernement de l’union nationale, les consultations politiques, ainsi que la résolution du conflit nécessitent un accompagnement international efficace, sans lequel «rien ne sera possible».
«Le deuxième palier de ce processus sera la fusion des initiatives de Luanda et de Nairobi. Nous avons besoin d’une couverture et d’un accompagnement international, sinon rien ne sera possible. Et après cela, la finalité sera la paix. Il ne faut pas sous-estimer ces étapes. C’est le chef de l’État qui dirige et qui appelle au dialogue, il sait pourquoi. Son but est d’imprimer un nouvel état d’esprit chez les Congolais. Le gouvernement issu de ces consultations sera, pour moi, un gouvernement de mission, conçu pour engager des négociations dans un état d’esprit de guerre.
Une posture apaisée
Moni Della insiste également sur la nécessité d’adopter une posture apaisée vis-à-vis du M23 en vue de créer un climat propice au dialogue. Il salue le fait que le président Tshisekedi qualifie désormais le M23 d’«opposition armée», ce qui, selon lui, ouvre la voie à une solution négociée.
«Nous avons aussi proposé des mesures de décrispation politique et de détente durant cette période. Il faut éviter les propos haineux et incendiaires. Regardez, par exemple, le président : lorsqu’il parle du M23, il les qualifie d’opposition armée ». C’est déjà un pas. Certains disent qu’ils ne sont pas Congolais, mais en réalité, ce sont des Congolais appuyés par le Rwanda. Dire le contraire complique les choses. Toutes les résolutions internationales préconisent le dialogue».
Une campagne de sensibilisation patriotique
Moïse Moni Della appelle également à une mobilisation patriotique similaire à celle observée sous Laurent-Désiré Kabila. Il encourage la sensibilisation des populations à l’unité nationale et à la défense du territoire, insistant sur le fait que la guerre, bien qu’inévitable dans certaines circonstances, se termine toujours par des négociations.
«Nous avons suggéré de lancer une campagne de sensibilisation patriotique, comme à l’époque de M’zee Kabila. Il faut créer un climat favorable aux négociations. La guerre se mène sur le champ de bataille, mais elle se termine toujours autour d’une table. Je reviens sans cesse sur l’importance du dialogue, car la paix n’a pas de prix et mérite qu’on y consacre tout le temps nécessaire. »
Une réponse dictée par la conscience et le patriotisme
Moïse Moni Della ne cache pas son admiration pour l’initiative du chef de l’État d’inviter l’opposition à s’asseoir à la même table dans l’intérêt supérieur de la nation. Pour lui, ce geste est à la fois démocratique, patriotique et courageux.
«Cette démarche de tendre la main à l’opposition, mais aussi à l’ensemble du peuple congolais, pour dire : Venez, mettons-nous ensemble pour barrer la route à ceux qui ont brûlé notre maison, pour éteindre le feu qui consume notre maison commune, la RD-Congo, est salutaire et doit être encouragée. Pourquoi ? Parce qu’il a une majorité et pourrait très bien gouverner seul. Pourtant, il fait un appel patriotique, pathétique, politique et démocratique. Comment peut-on refuser un tel geste ? »
Alors que certains dans l’opposition lui reprochent son choix, il rappelle que la situation actuelle impose une approche dépassant les querelles partisanes.Son choix de participer aux consultations ne relève donc ni de l’opportunisme ni de la compromission, mais bien d’une conviction profonde.
«Je sais bien que, même dans l’opposition, certains disaient que Félix devait s’ouvrir à l’opposition et à d’autres forces. Maintenant qu’il le fait, on cherche d’autres explications. Pour moi, il n’y en a pas de valables lorsque la maison brûle. Lorsqu’il y a péril en la demeure, on appelle les fils et les filles du pays. En dépit de toutes les divergences et différences, je crois qu’il fallait être présent. C’est pourquoi j’ai accepté en âme et conscience, parce que je fais de la politique non pas par procuration, mais par conviction. Je ne fais pas une politique de connivence ou de convenance, mais une politique de conscience, fondée sur des valeurs républicaines. »
L’unité comme fondement de la politique
L’homme politique congolais s’appuie sur une vision pragmatique et inclusive de la politique, qu’il compare aux opérations mathématiques apprises à l’école primaire.
«Nous avons tous appris à l’école primaire les quatre opérations : l’addition, la soustraction, la multiplication et la division. Mais pour moi, la politique repose sur l’addition et la multiplication, et non sur la soustraction ou la division. Dès qu’on comprend cela, on comprend ma démarche et pourquoi j’ai répondu présent.»
Il assume pleinement son choix
Alors que ses alliés politiques rejettent cette main tendue, le frère de Salomon SK Della assume pleinement son choix. Il rappelle que nombreux étaient ceux qui réclamaient une ouverture du pouvoir à l’opposition. Maintenant que cette ouverture se concrétise, il estime qu’il serait incohérent de la refuser.
«Lorsqu’il y a péril en la demeure, on appelle les fils et les filles du pays. En dépit de toutes les divergences et différences, je crois qu’il fallait être présent», justifie-t-il.
Son engagement politique ne date pas d’hier. Héritier de l’école politique d’Étienne Tshisekedi, il a rejoint les treize parlementaires au lendemain de la création de l’UDPS en 1982 et en est devenu membre dès 1983. Son parcours, marqué par l’opposition aux régimes de Mobutu et de Kabila père, ainsi que par des périodes d’incarcération et de relégation, atteste de sa fidélité à ses idéaux.
«Personne n’a le monopole de l’opposition. Si un mérite ou un trophée devait être décerné dans l’opposition, je le mériterais», revendique-t-il.
Vers un gouvernement de mission
Pour Moïse Moni Della, le gouvernement d’union nationale qui émergera de ces consultations doit être un «gouvernement de mission», dont la priorité sera d’engager des négociations dans un contexte de guerre.
En outre, l’ancien vice-ministre de l’information et de la presse, perçoit également ce gouvernement comme une équipe de combat où seuls les meilleurs doivent être sélectionnés. Il se considère lui-même comme un de ces «commandos» prêts à défendre la patrie.
Maturité et compétences
«Ce gouvernement d’union nationale, je le vois comme une équipe nationale : on y prend les meilleurs des deux camps, les meilleurs commandos. Et moi, je suis l’un de ces commandos. Je suis musulman et la terre est sacrée pour moi. Lorsqu’un musulman se bat pour sa terre, il ne recule pas. Je suis un combattant de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme depuis toujours. Il faut de vrais patriotes, car les temps sont durs, et quand ils le sont, seuls les plus déterminés s’engagent».
Fort de son expérience en tant que vice-ministre, mandataire public et président d’un parti politique, Moïse Moni Della estime avoir la maturité et les compétences nécessaires pour relever les défis de l’heure.
«J’ai l’expérience et l’état d’esprit qu’il faut. J’ai déjà été vice-ministre, mandataire public et je suis président d’un parti politique, un parti idéologique. Aujourd’hui, je suis un homme mûr, prêt à défendre sa patrie. Je suis un homme politique atypique, et tous ceux qui me connaissent savent que je ne cours pas après les postes», conclut-il.
Christian-Timothée MAMPUYA