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Assemblées provinciales du Kwilu et du Nord-Ubangi: les députés menacent de boycotter la session de mars
Au cas où la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ne publiait pas avant la fin du mois de mars 2025 le calendrier des élections des sénateurs, des gouverneurs et vice-gouverneurs, les députés provinciaux du Kwilu et du Nord-Ubangi vont boycotter la prochaine session du mois de mars pour manifester leur ras-le-bol.
Dans un communiqué publié il y a 48 heures, leurs représentants ont rendu public un communiqué dans lequel ils exigent à la Ceni l’organisation sans délai des élections des sénateurs, des gouverneurs et vice-gouverneurs. Dans le même texte, ils annoncent être dans l’obligation de boycotter la rentrée parlementaire prévue pour le 30 mars si la centrale électorale ne publie pas le calendrier de ces deux scrutins.
Pour rappel, les élections législatives nationales et provinciales des circonscriptions de Masimanimba (Kwilu) et Yakoma (Nord-Ubangi) avaient été annulées pour cause de fraude. Cependant, au Nord-Ubangi, les députés provinciaux sont parvenus à mettre en place leur bureau définitif dirigé par M. Achille Kwangbo. Mais à l’Assemblée provinciale du Kwilu, la CENI avait demandé de surseoir à l’élection des membres de son bureau définitif en attendant que le gouvernement mette à sa disposition de fonds pour organiser les élections des sénateurs, des gouverneurs et vice-gouverneurs.
S’agissant de fonds, il y a lieu de s’interroger sur cet argument avancé par la centrale électorale lorsqu’on sait que les scrutins liés à l’élection des sénateurs, des gouverneurs et vice-gouverneurs qui ne se tiennent qu’en un seul jour et pendant quelques heures, ne demandent pas de gros moyens financiers. Combien faut-il exactement à la Ceni pour accomplir cette tâche ?
Pourquoi le gouvernement continue-t-il à garder le silence devant cette situation atypique du pays où deux provinces fonctionnent sans toutes les institutions en place?
Au Kwilu, le territoire de Bagata est mis à rude épreuve par la milice Mobondo. Les éléments de cette milice s’infiltrent dans certains villages où ils posent des actes criminels. Les habitants de ces coins vivent dans une psychose permanente.
Du côté du Nord-Ubangi, ce sont les éleveurs Mbororo qui se comportent comme dans un territoire conquis. Ils pillent, volent, violent et tuent impunément.
Tant que ces deux entités politico-administratives ne disposent pas des autorités légitimes, il sera compliqué d’y restaurer toute l’autorité de l’Etat. Leurs populations vont continuer à passer des moments d’incertitude, avec toutes les conséquences fâcheuses que cela implique.
Avant que les députés provinciaux ne mettent en exécution leur menace, il importe que le gouvernement se penche urgemment sur cette question pour une solution idoine. Bien qu’étant indépendante en tant que commission d’appui à la démocratie, la Ceni ne doit pas se considérer comme un électron libre. Il n’est pas normal qu’un pays marche à double vitesse. Une concertation entre le gouvernement et la Ceni s’avère plus qu’impérieuse pour décanter cette équation.
Muke MUKE