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APRES DES MORTS ET DES DEGATS MATERIELS LE WEEKEND DERNIER A KINSHASA : Vivement une Brigade de prévention des maladies hydriques!
Plus de 40 cas de décès. Des habitations englouties sous les eaux en furie. Des biens meubles emportés. Des appareils électroménagers endommagés sans aucune chance d'être réparés...voilà, le bilan de la pluie du 4 au 5 avril sur la ville de Kinshasa.
A ce tableau sombre, s'ajoute l'aggravation de la pénurie d'eau potable, observée depuis le samedi dernier, dans quasiment toute la capitale.
Après qu'on a déploré plus de quarante cas de morts (évitables?) et bien d'autres dégâts causés par l'averse diluvienne de la première semaine du mois d'avril courant, nombre d'observateurs sonnent l'alerte d'une nouvelle catastrophe plus dévastatrice que la première. A savoir : l'explosion, mieux la survenance d'une épidémie d'origine hydrique.
ALORS, VIVEMENT UNE BRIGADE DE PREVENTION
Comme après le passage d'un typhon, la forte pluie du weekend a laissé des empreintes. Principalement dans des quartiers Salongo (Ndanu) de Limete et Vallée de Masina Petro-Congo. Toutes proportions gardées, certains coins du quartier Debonhomme de Matete n'ont pas non plus été épargnés.
Le moins que l'on puisse dire, est que la pluie des vendredi 4 et samedi 5 avril a corrompu l'environnement. Car, ces eaux sales ont détruit et emporté sur leur passage, des toilettes de fortune, avant de répandre leurs contenus dans la nature. C'est donc dans cet environnement que les sinistrés momentanément hébergés au site du stade Tata Raphael, reviendront dans leurs milieux habituels de vie.
Dans ces conditions, des voix s'élèvent. Plus d'un Kinois estime que les dirigeants de la ville devraient se hâter à mettre en œuvre une Brigade de prévention des maladies de source hydrique autres infections dites des mains sales. Cas du choléra. De l'avis des mêmes observateurs, ce travail d'assainissement de l'environnement doit être fait par des techniciens et avant le retour des familles déplacées. "Gouverner, c'est prévoir. Ne rien prévoir, ce n'est pas Gouverner, cest courir à sa perte", jugeait Émile de Girardin.
L'IMPERATIF D'UNE SENSIBILISATION DE LA POPULATION
C'est donc une grande ville comme Kinshasa, qui a été secouée par une averse "apocalyptique". Cependant, l'histoire révèle que la capitale rd congolaise a déjà été le théâtre d'un phénomène similaire en mai 2006.
Bien que l'événement de cette époque n'ait pas eu l'ampleur de celui que nous venons de connaître, il a tout de même entraîné des pertes en vies humaines.
À cette occasion, toutes les constructions érigées en dehors des normes urbanistiques avaient été détruites. Etait-ce suffisant comme issue idoine? Sans doute pas!
Au regard de l'exposion démographique observée depuis quelques années à Kinshasa, les événements malheureux des 4 et 5 avril en cours, donnent quantité de leçons ou d'enseignements. D'abord aux gestionnaires de la ville. Ensuite, à la population.
En ce qui concerne les autorités urbaines ou provinciales, l'événement sus-évoqué a été une opportunité de rappeler l'importance de faire appel à un architecte ou à un professionnel des travaux publics.
Ce recours n'est pas une manière d'arnaquer la population, mais plutôt une démarche essentielle pour éviter les conséquences néfastes des éléments de la nature, qui finissent toujours par reprendre leurs droits. Souvent de manière brutale et imprévisible.
Quant à la population, Il est crucial de la sensibiliser à l'importance du respect des normes en matière d'urbanisme pour garantir la sécurité et le bien-être de tous.
Vu des experts de la question environnementale, le gouverneur de la ville de Kinshasa et ses ministres, autant que les responsables de l'Office des routes, de l'OVD, de la RATPK (Régie d'assainissement et des travaux publics de Kinshasa)... ont manqué de se comporter comme un agriculteur qui s'organise pour ne pas rater une saison culturale.
"Il est vrai que nous avons plus de pluie que de soleil dans l'année. Mais Dieu a organisé les choses de manière qu'en janvier et février, on prépare les voies de drainage pour se prémunir contre les pluies de mars et avril", fait remarquer à Forum des As, un gouverneur honoraire de la ville de Kinshasa.
Ce dernier ajoute que "les mois de mai, juin, juillet et août, c'est la saison sèche, période propice pour corriger les dégradations et procéder à des nouveaux aménagements et c'est un cycle."
QUID DU PLAN D'ACTION NATIONAL ADOPTE EN MARS 2002?
Blanchie sous le harnais, la même source rappelle que Kinshasa dispose des instruments techniques importants qui restent encore d'actualité. Il s'agit du Plan d'action national pour l'habitat adopté en mars 2002. Et le SOSAK (Schéma d'orientations stratégiques pour l'aménagement de Kinshasa) adopté en 2013. "Hélas! ces instruments autant que les autres plans d'aménagement élaborés par le BEAU (Bureau d'études d'aménagement et d'urbanisme) sont restés lettres mortes," déplore-t-il.
Grevisse KABREL