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Affaire Nicolas Kazadi : la commission spéciale de l'Assemblée nationale entre en fonction
Le décor est désormais planté à l'Assemblée nationale. Hier lundi 2 juin, le bureau de la commission spéciale et temporaire chargée d'examiner le réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, visant Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances et député national, a été officiellement installé. Cette étape fait suite à la décision de Vital Kamerhe, président de la chambre basse du Parlement, qui avait désigné les membres de cette commission le 31 mai dernier.
À la tête de cette instance, Raphaël Kibuka Kia Kiese, député du Mont-Amba et cadre du Mouvement de Libération du Congo (MLC), assumera la présidence. Il sera épaulé par Niongo Nsuami Marie-Josée, première vice-présidente, et Kashoba Kabonshi Dénis, élu d'Ensemble pour la République, deuxième vice-président.
Le secrétariat sera assuré par Sumey Kitenge Pierre et Bokundu Mukuli Pierre, respectivement rapporteur et rapporteur adjoint.
Le bureau ainsi constitué dispose de 72 heures, à compter de ce jour, pour remettre ses conclusions à la plénière.
Le dossier soumis à l'examen de cette commission trouve son origine dans une sortie médiatique retentissante de Nicolas Kazadi, le 4 mai dernier. L'ancien argentier national y dénonçait une série de dérives qu'il qualifiait de "gabegie financière " au sein de l'appareil étatique.
Parmi les griefs relevés : la banalisation de l'orthodoxie budgétaire, le financement de projets improductifs à des fins de détournement, et la prolifération d'établissements publics créés en marge des normes légales et budgétaires, une cinquantaine, selon ses dires, dont plusieurs seraient restés sans activité.
Le Procureur général Firmin Mvonde, dans son réquisitoire, s'est également attardé sur des accusations que l'ancien ministre a portées à l'endroit de proches collaborateurs du président de la République, accusés d'abus de pouvoir et de manœuvres mafieuses. Il a en outre épinglé des dysfonctionnements dans la gestion des jetons de présence, versés par l'Inspection générale des finances en violation de la procédure établie.
Autre chef d'accusation : la divulgation de secrets d'État, Nicolas Kazadi ayant, selon le réquisitoire, exposé sur la place publique des dossiers sensibles débattus au Conseil des ministres, dans le seul but de soutenir ses arguments.
Dans cette affaire qui suscite un vif émoi dans l'opinion et alimente le discours de l'opposition sur la gouvernance nationale, Nicolas Kazadi devra répondre de ces lourdes accusations, notamment de propagation de faux bruits et de divulgation de secrets d'État.
L'audition de cet ancien membre du gouvernement, aujourd'hui député, s'annonce comme l'un des moments forts du feuilleton politique qui agite Kinshasa en ce début du mois de juin.
Jérémie ASOKO