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12ème ANNIVERSAIRE D'ACCORD-CADRE D'ADDIS-ABEBA, Denis Mukwege: " L'invasion actuelle du territoire congolais prend des allures d'annexion avec une absence de respect pour le cessez-le-feu"
Le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege voit en cette énième incursion des rebelles en l'occurrence du Mouvement du 23 mars (M23) dans la partie est du sol congolais avec leur parrain du Rwanda comme une annexion sur fond d'absence de respect pour le cessez-le-feu. C'est ce qu'il a indiqué, hier mardi 25 février à l'occasion du 12è anniversaire de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba.
"L'invasion actuelle du territoire congolais prend des allures d'annexion, avec une absence totale de respect pour les cessez-le-feu et les injonctions au retrait des forces d'occupation", a affirmé Denis Mukwege.
L'opposant congolais a insisté sur la réactivation de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba pour restaurer la stabilité dans la région des Grands lacs.
À en croire le gynécologue congolais, c'est l'unique thérapie de choc pour panser les plaies voire guérir les causes profondes de l'instabilité et des violences armées dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon lui, le Congo fait face à une crise sans précédent depuis plus d'un quart de siècle marquée par l'agression du pays aux mille collines et l'occupation de vastes zones du territoire congolais.
Il a également dénoncé la mise en place d'administrations parallèles illégitimes, en violation du droit international et des principes des Nations unies.
En outre, Denis Mukwege, a pointé du doigt l'inaction des autorités congolaises et de la Communauté internationale, qu'il accuse de manquer de volonté politique, malgré les espoirs suscités par l'Accord-cadre.
"Le manque d'engagement des dirigeants congolais, combiné à la mauvaise foi des États déstabilisateurs et à une diplomatie passive, a aggravé une situation qui menace désormais la paix et la sécurité mondiales", a-t-il regretté.
DES SANCTIONS SÉVÈRES AUX ÉTATS IMPLIQUÉS
L'Accord-cadre d'Addis-Abeba, qualifié d' "Accord de l'espoir", avait été signé pour instaurer une paix durable en RDC et dans les Grands Lacs grâce à des engagements mutuels entre les États de la région et la communauté internationale.
Et de conclure : "Il est temps de passer à l'action. Le peuple congolais a droit à l'autodétermination et à une existence pacifique. Le non-respect des engagements de l'Accord-cadre et des appels répétés au cessez-le-feu doivent entraîner des sanctions sévères et la suspension des coopérations militaires et sécuritaires avec les États impliqués".
Le Rwanda et ses supplétifs du groupe terroriste du M23 ont fait une incursion dans la partie orientale de la RDC il y a plus de deux semaines. Les villes de Goma et Bukavu ont été conquises avec au passage un carnage: plus de 8.000 morts et des milliers de blessés ont été enregistrés.
Dans la même optique, l'Ouganda joue également un double jeu dans l'est de la RDC en témoigne l'entrée du M23 à la cité Bunagana située sur la frontière du pays de Yoweri Museveni.
Gloire BATOMENE