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Une opération régulière, renseigne une source proche du dossier
* A l’instar des législatures passées, les véhicules sont achetés à crédit au moyen d’un financement privé accordé par des banques, sur fonds propres des élus.
Le sujet (des jeeps de Fatshi aux députés nationaux) a envahi les réseaux sociaux qui en ont fait leurs choux gras. L’audio (fuité ?) de la réunion entre le speaker de la Chambre basse et les députés de l’Union sacrée, vendredi dernier 18 juin, fait polémique au sein de l’opinion nationale.
Selon des sources, dans ledit audio, Christophe Mboso N’kodia aurait fait savoir à son auditoire que le Chef de l’État, Félix -Antoine Tshisekedi aurait réalisé sa promesse d’offrir gracieusement des Jeeps aux 500 élus.
Pour nombre de personnalités de l’opposition, principalement, il n’y a pas d' » opportunité pour le Président de la République de se livrer à pareil spectacle » car disent-elles » l’acte ne profite pas à la population « .
D’autres estiment que le Pouvoir aurait dû faire comme les législatures passées, « donner à crédit des véhicules comme d’autres législatives l’ont fait « .
Dans le camp présidentiel, ceux qui ne sont pas opposés à ce geste soutiennent que « récompenser une personne qui a réalisé des exploits au niveau du pays est une pratique propre aux chefs d’Etat qui se sont succédé de Kasa-Vubu à Joseph Kabila ».
L’Observatoire de la dépense publique (ODEP), plateforme des organisations de la société civile de la Rd congolaise œuvrant dans le secteur des Finances publiques a une tout autre lecture de ce geste attribué au Chef de l’Etat. L’ODEP voit en cette dotation des députés une corruption à ciel ouvert et exige une enquête.
Cette organisation le dit sur son compte Twitter officiel : « Jeeps pour députés nationaux; nous sommes en face d’une corruption à ciel ouvert. Exigeons de l’IGF une enquête sérieuse pour déterminer l’origine des fonds, qui ont permis l’achat de ces véhicules« , écrit l’ODP.
Le Bureau a facilité l’acquisition des véhicules
La vérité, selon des sources concordantes, conformément à la pratique parlementaire habituelle, le Bureau de l’Assemblée nationale aurait simplement » facilité l’acquisition des véhicules aux députés nationaux dans l’objectif de régler leur problème de mobilité« .
Ces sources soulignent que » c’est une organisation interne à l’Assemblée nationale, une opération à laquelle les députés ont souscrit… « . Décryptage, il ne s’agit pas de l’argent de l’Etat. A l’instar des législatures passées, les véhicules sont achetés à crédit au moyen d’un financement privé accordé par des banques, sur fonds propres des députés. Le paiement est étalé sur plusieurs mois et c’est chaque député lui-même qui paie son propre véhicule. Rien à avoir avec l’argent du Trésor public.
« Traficotage » de l’audio du speaker Mboso
Selon le média en ligne 7 sur 7.CD, la cellule de communication de l’Assemblée nationale a dénoncé la publication de l’audio de l’intervention du président de cette institution, lors de la réunion avec les députés nationaux membres de l’Union sacrée de la Nation, qualifiant de » traficotage » de l’audio du président Mboso N’kodia.
« En sa qualité de Leader d’une grande famille politique, il est normal qu’il tienne des réunions d’orientation avec les membres de sa famille, question de partager des informations et communiquer la vision de la haute autorité. Il n’y a donc aucun mal à cela. Mais que certains collègues ayant pris part à la réunion, enregistrent la conversation et la partagent dans les réseaux sociaux, cela dénote de l’immaturité politique, une légèreté qui frise l’enfantillage politique et un manque de sincérité dans leurs engagements et convictions politiques« , rapporte 7 sur 7.CD, citant le service de communication de la Chambre basse.
Didier KEBONGO