Dernière minute
Société
La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
La Belgique, par son vice-Premier ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné, hier mercredi 21 octobre sans détour, le choix de l’ancien président de la République Joseph Kabila…
Étranger
La RDC veut conquérir davantage de parts du marché chinois grâce à une meilleure organisation de ses filières agricoles. L’Anapex a mis en place une Task Force dédiée prioritairement au piment,…
Nation
Au total sept (7) véhicules, dont deux camions de marque Kamaz, trois jeeps Land Cruiser et deux ambulances, ont été remis le lundi 19 octobre aux Forces armées de la République démocratique du…
"Bokeseni ya liwa na pongi eza nango kaka pema"
Bokeseni ya liwa na pongi eza nango kaka pema", lit-on sur la coque arrière d'un bus 207 assurant le transport en commun à Kinshasa. Pour les locuteurs du lingala, la traduction littérale ne fait mystère: "La seule différence entre la mort et le sommeil, c'est seulement la respiration".
La respiration, c'est le souffle (de vie) que le commun des mortels, religieux congolais en particulier évoque souvent dans ses moments de remerciements adressés à l'Être supérieur qui est le Seul à l'accorder à qui et quand Il veut ! L'auteur anonyme de cette affirmation nous aide à nous le rappeler ce jour.
"La seule différence entre la mort et le sommeil, c'est seulement la respiration" est une phrase métaphorique, philosophique et biologique profonde, très courante dans la sagesse africaine, notamment congolaise. Elle exprime l'idée que le sommeil est une forme de mort temporaire, et que, seule, la respiration nous maintient du côté des vivants.
Il y a différents niveaux d'explication de cette citation. Le premier niveau est l'explication biologique et physique. Sur le plan purement physique, lorsqu'une personne dort profondément, elle perd conscience de son environnement. Ses muscles, son existence se relâchent et elle semble coupée du monde, exactement comme un corps sans vie. En ce moment, la seule fonction vitale visible qui la distingue d'un mort est la respiration. On le perçoit par le mouvement visible au travers sa poitrine qui respire. Dès lors, si la respiration s'arrête, le sommeil se transforme définitivement en mort, estime l'auteur de la citation.
Le deuxième niveau est la dimension spirituelle et philosophique. Dans beaucoup de cultures, en effet, le sommeil est perçu comme un voyage de l'âme. On considère que, chaque nuit, lorsque nous nous endormons, nous confions notre vie à une force supérieure, invisible. Le réveil n'est jamais garanti.
Cette phrase rappelle donc la fragilité de la vie humaine. La frontière entre l'existence et le néant, entre la vie et la mort ne tient qu'à un simple souffle d'air.
Le troisième niveau parle d'une leçon d'humilité et de gratitude, en insistant sur le fait que la différence est minime. Qu'elle ne tient qu'à un fil. Ce proverbe invite donc à l'humilité. Il rappelle que l'Homme ne contrôle pas sa propre vie. Par conséquent, méditer sur ce mystère invite à la gratitude. Ainsi, chaque matin, le réveil doit être considéré comme un miracle et une seconde chance, car nous aurions pu rester dans ce "sommeil éternel".
Somme toute, cette phrase proverbiale met en lumière l'importance de la respiration dans la vie d'un être humain, en particulier. Et comme leçon à tirer : reconnaissons chaque jour la puissance, le pouvoir de Celui qui nous a doté du souffle de vie. Car il est facile à chaque être humain de passer de vie à trépas, il suffit que le Pourvoyeur en décide ainsi.
Kléber KUNGU