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Tshibangu Kalala fait la reconstitution des titres de propriété des bornes frontières de la RDC
» Les 11 frontières internationales de la RDC: hier, aujourd’hui et demain ». Tel est le titre de l’ouvrage du professeur Tshibangu Kalala, de l’Université de Kinshasa, porté sur les fonts baptismaux, hier mercredi 31 août, à Kinshasa, au terme d’une conférence animée par son auteur.
Cet ouvrage de 920 pages est structuré en 12 chapitres. Il est destiné au grand public pour élargir les connaissances et consolider la maîtrise des frontières d’Etat du Congo.
Le premier chapitre est un rappel historique concernant la création du territoire et de l’Etat congolais au XIXème siècle par le roi des Belges, Léopold II. Les deux autres chapitres étudient les 11 frontières internationales qui délimitent les territoires de la RDC.
Les frontières d’Etat de la RDC, longues de près de 11.000 kilomètres, ont été fabriquées dans des situations difficiles et pénibles par des hommes compétents et remarquables. C’est une entreprise pharaonique qui a duré pendant plusieurs décennies, soutient Tshibangu Kalala.
Offrir au peuple congolais ses titres de propriété internationaux
Le but ultime de l’ouvrage est de remettre au peuple congolais les titres de propriété internationaux de son immense territoire. Cette recherche scientifique permet, en diffusant le savoir sur les frontières du Congo héritées de la colonisation, de renforcer la paix, la sécurité, les relations d’amitié, de bon voisinage et de coopération entre la RDC et ses 9 Etats voisins.
» Je voulais, par cet ouvrage qui est le résultat d’une longue recherche, offrir au peuple congolais les titres de propriété internationaux de son immense territoire, très riche et très combattu. Ces titres de propriété se retrouvent dans cet ouvrage. J’ai reconstitué l’histoire pour savoir comment on est arrivé à ces titres de propriété par les puissances coloniales, aux 19ème, 20ème et 21ème siècle. Le peuple ne peut plus se donner de la peine, se poser des questions sur la délimitation de son territoire, comment il est né, qui l’a créé, pourquoi, quand, comment, etc. « , souligne l’auteur de l’ouvrage.
Professeur de droit à l’Unikin, l’auteur indique que la RDC possède un « territoire bleu« , « là où se pose beaucoup de problèmes et nous devons consolider les frontières de ce territoire. Je suis satisfait d’avoir atteint cet objectif. Nous avons aujourd’hui, à travers cet ouvrage, la connaissance de notre territoire, sur le plan juridique. Nos titres de propriété, qui sont dispersés dans les archives dans des pays étrangers, se retrouvent tous dans cet ouvrage. Maintenant que cette lacune vient d’être comblée, il faut faire en sorte que cet ouvrage soit connu de tous les Congolais, qu’on puisse l’acheter en très grand nombre pour réduire le coût et permettre à tous les Congolais de pouvoir l’acquérir. Ça c’est le rôle des décideurs de prendre à bras-le-corps cette question et voir comment on peut largement diffuser cet ouvrage dans tous les milieux, à travers le pays pour que ces connaissances soient largement partagées par les générations futures « , a-t-il recommandé.
Pourquoi 11 frontières ?
Tshibangu Kalala fait remarquer que hormis les 9 frontières terrestres que la RDC partage avec des pays voisins, deux autres existent et sont très faciles à comprendre. » La dixième frontière se trouve au-dessus de nos têtes, c’est la frontière de l’air. Nous avons un territoire aérien. C’est parce que nous n’habitons pas dans l’espace atmosphérique que nous n’en tenons pas compte. Mais personne ne peut y accéder sans l’autorisation de l’Etat congolais et nous pouvons même fermer les frontières de cet espace, de ce territoire aérien en cas de problème. Dernièrement, le gouvernement congolais a décidé de fermer ses frontières aux avions du Rwanda, la Russie a fait autant aux avions des pays européens, tout comme ces derniers ont décidé de fermer leurs frontières de l’air aux avions russes « .
La 11ème frontière n’est rien d’autre que l’espace qualifié de territoire bleu par l’auteur de l’ouvrage, au niveau de Lualaba. » Au bout de 365 Km, nous avons une frontière avec la haute mer, là où s’arrête notre zone économique exclusive, il y a une frontière, au-delà, c’est la haute mer, la communauté internationale.
Donc c’est la 11ème frontière que nous avons avec la communauté internationale. Tout comme dans l’air, nous avons également les frontières avec l’ensemble de tous les Etats du monde.
« Il en est de même au niveau de l’océan Atlantique, au bout de la zone économique exclusive, nous avons un espace de 42 Km avec la haute mer, c’est-à-dire avec l’ensemble de la communauté internationale « , a indiqué ce chercheur en géopolitique et droit international. Rocco NKANGA