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Kasaï : des professionnels sanitaires donnent 72 heures aux autorités pour régulariser plusieurs mois d'impayés
La crise salariale qui secoue le secteur de la santé dans la province du Kasaï s'intensifie. Des agents et cadres non médecins des établissements publics de santé ont manifesté, le vendredi 24 juillet 2026, à Tshikapa, pour dénoncer plusieurs mois d'arriérés de salaires et de primes, qu'ils jugent à l'origine d'une profonde détérioration de leurs conditions de vie.
Les manifestants affirment attendre le paiement des primes complémentaires des mois de juin et décembre 2025, ainsi que de plusieurs salaires de l'année 2026. Selon eux, ces retards récurrents les plongent dans une précarité grandissante, au point de ne plus pouvoir couvrir les besoins essentiels de leurs familles, notamment l'alimentation, les soins de santé, le logement et la scolarité des enfants.
Les protestataires dénoncent également les difficultés liées au processus de bancarisation des salaires. Plusieurs agents, affectés dans des territoires situés à plusieurs centaines de kilomètres de Tshikapa, expliquent avoir engagé d'importantes dépenses pour rejoindre le chef-lieu de province afin d'ouvrir des comptes auprès des banques partenaires. Malgré ces démarches, nombre d'entre eux affirment n'avoir perçu aucun paiement et évoquent des irrégularités dans les listes des bénéficiaires transmises aux établissements bancaires.
CONSEQUENCES HUMAINES DE CETTE SITUATION : PLUSIEURS MORTS
Au-delà des revendications salariales, les agents alertent sur les conséquences humaines de cette situation. Ils soutiennent que deux professionnels de santé seraient décédés alors qu'ils attendaient le paiement de leurs rémunérations à Tshikapa, faute de moyens pour accéder aux soins. Ils affirment également qu'un enfant ayant accompagné sa mère pour les formalités de bancarisation aurait perdu la vie durant cette période. À ce stade, ces décès n'ont toutefois pas été confirmés officiellement par les autorités compétentes.
Les manifestants réclament le paiement intégral de tous les arriérés, l'harmonisation des listes des bénéficiaires, ainsi que l'ouverture d'une enquête indépendante afin de faire la lumière sur la gestion de la paie et d'établir les responsabilités des différents services concernés.
Ils ont accordé un ultimatum de 72 heures aux autorités provinciales et centrales pour apporter des réponses concrètes à leurs revendications. À défaut d'une issue favorable, ils menacent de durcir leur mouvement de protestation, une situation susceptible d'affecter davantage le fonctionnement des structures sanitaires et la prise en charge des patients dans la province du Kasaï.
Félix MULUMBA KALEMBA