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Sankuru : les chefs de secteurs dénoncent 24 mois sans rétrocession
Les chefs de secteurs de la province du Sankuru tirent la sonnette d’alarme sur la situation financière de leurs entités territoriales décentralisées, qu’ils disent fortement paralysées par l’absence de moyens de fonctionnement depuis près de deux ans.
Dans un mémorandum remis au gouverneur Jules Lodi Emongo hier jeudi 30 juillet 2026, ces autorités locales affirment que les secteurs n’ont bénéficié d’aucune rétrocession de la part du pouvoir central depuis 24 mois. Selon eux, cette situation compromet gravement le fonctionnement de l’administration à la base.
Les signataires du document estiment que leurs entités sont progressivement abandonnées et qu’elles ne disposent plus de ressources nécessaires pour assurer les missions qui leur sont confiées.
Ils dénoncent notamment le manque de moyens logistiques, en particulier l’absence de véhicules ou de motos permettant d’effectuer les visites administratives, de contrôler les services publics et de répondre aux préoccupations des populations réparties sur de vastes territoires.
« Nous manquons de moyens de transport pouvant nous permettre d’assurer les visites administratives et le contrôle des services, ou de répondre efficacement aux appels et préoccupations de nos populations », indiquent-ils dans leur mémorandum.
Selon ces responsables locaux, cette pénurie de ressources affecte directement la présence de l’État dans plusieurs secteurs du Sankuru et limite la capacité des autorités à suivre les questions de sécurité, d’état civil, de fiscalité locale et de services sociaux.
Les chefs de secteurs demandent ainsi au gouvernement central de procéder au déblocage rapide de la rétrocession et de doter leurs entités de moyens logistiques afin de rétablir un fonctionnement normal de l’administration territoriale.
Le gouverneur Jules Lodi Emongo, récemment installé dans ses fonctions, a pris acte de ces revendications et a assuré avoir donné des orientations en vue d’améliorer le fonctionnement de l’État dans les différentes entités de la province.
Cette alerte relance le débat sur le financement des entités territoriales décentralisées en République démocratique du Congo, où plusieurs autorités locales dénoncent régulièrement les retards de rétrocession et l’insuffisance des moyens mis à leur disposition pour assurer les services publics de proximité.
Félix MULUMBA KALEMBA