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RGPH-2 : les agents cartographes à pied d’œuvre dans les 24 communes de Kinshasa
*42 ans après, la RDC se remet à compter sa population.
Quarante-deux ans après le premier recensement de 1984, la République démocratique du Congo renoue avec le décompte général de sa population. À Kinshasa, les agents cartographes sont à pied d’œuvre dans les 24 communes pour préparer le dénombrement prévu en juillet 2027. Hier lundi 19 octobre, à Lemba, dans le quartier Masano, au Terminus, les équipes poursuivaient leur mission auprès des ménages, avec un objectif : mieux connaître la population congolaise afin de renforcer la planification du développement.
À 8h30, les agents du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) étaient déjà mobilisés dans le quartier Masano, au Terminus, dans la commune de Lemba. Carnets et outils de travail en main, ils sillonnaient les parcelles, échangeaient avec les habitants et expliquaient l’importance de cette opération scientifique qui marque une étape majeure dans la connaissance démographique du pays.
Accompagnées sur le terrain par votre média, Forum des As, les équipes ont sensibilisé les ménages à la portée de cette initiative nationale, destinée à déterminer avec davantage de précision le nombre de personnes vivant en République démocratique du Congo, leurs caractéristiques et leur répartition géographique.
Alors que la population congolaise est couramment estimée à environ 100 millions d’habitants, l’absence de données issues d’un recensement général récent rend nécessaire l’actualisation des statistiques démographiques. Quarante-deux ans après l’exercice de 1984, le pays s’engage ainsi dans une démarche essentielle pour mieux orienter ses politiques publiques et répondre aux besoins de sa population.
Les habitants saluent une initiative attendue
Sur le terrain, l’opération bénéficie d’un accueil favorable de la part de plusieurs habitants, qui y voient une occasion de connaître enfin l’effectif réel de la population congolaise.
« Nous sommes très contents de cette initiative. En réalité, nous ne savons pas combien nous sommes exactement. Parfois, nous entendons parler de 100 à 120 millions d’habitants. C’est grâce à ce recensement que nous saurons effectivement combien nous sommes », témoigne un responsable de ménage rencontré dans la zone.
Au-delà du nombre d’habitants, cette opération permettra de disposer de données plus fiables sur la composition de la population vivant en RDC, Congolais et étrangers compris. Un outil précieux pour mieux cerner les réalités démographiques du pays et adapter les politiques de développement aux besoins des communautés.
Sur le terrain, la mobilisation des agents se poursuit conformément aux zones qui leur ont été attribuées. Laura, cheffe d’équipe rencontrée à Lemba, se réjouit de l’évolution du travail et de l’accueil favorable réservé aux agents dans plusieurs secteurs.
Son équipe a déjà couvert une partie importante de sa zone d’intervention et s’apprête à poursuivre les opérations dans de nouveaux secteurs.
Comme dans toute opération de proximité, quelques ajustements restent néanmoins nécessaires. L’absence de certains chefs de ménage au moment du passage des agents et l’accès parfois difficile à certaines parcelles figurent parmi les contraintes rencontrées.
Ces situations soulignent l’importance de renforcer la communication avec les habitants afin de faciliter le travail des équipes et de garantir une couverture aussi complète que possible des ménages concernés.
Intensifier la sensibilisation
Pour accompagner cette dynamique, certains habitants insistent sur la nécessité d’intensifier la sensibilisation, notamment auprès des personnes qui accèdent difficilement aux médias traditionnels et numériques.
« Nous n’étions pas sensibilisés dès le début. Certes, les informations peuvent être diffusées à la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux, mais il est important de penser aussi à ceux qui n’ont pas accès à ces moyens. Une sensibilisation de porte à porte serait préférable pour que les agents soient mieux accueillis. Dans tous les cas, nous sommes très contents de cette opération », estime un responsable de ménage.
Cette préoccupation met en lumière le rôle déterminant de la communication de proximité dans la réussite du RGPH-2. Une meilleure compréhension de ses objectifs peut encourager les ménages à collaborer avec les agents et à contribuer pleinement à cet exercice d’intérêt national.
Le recensement étant distinct des opérations d’identification et du processus électoral, les autorités invitent la population à accueillir les équipes et à faciliter leur travail.
Plus de 130 000 agents recrutés et formés à travers le pays
Officiellement lancé le 28 septembre par le ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, le RGPH-2 bénéficie notamment de l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).
La cartographie censitaire se déroule pendant un mois dans les 24 communes de Kinshasa, avant de se poursuivre dans les provinces pendant deux mois. Cette phase préparatoire doit permettre d’organiser le dénombrement général annoncé pour juillet 2027.
Dotée d’un budget de 194 millions de dollars sur douze mois, l’opération mobilise plus de 130 000 agents recrutés et formés à travers le pays, créant autant d’emplois directs.
À Lemba, comme dans le reste de la capitale, cette mobilisation traduit l’importance accordée à une meilleure connaissance de la population congolaise. Les données attendues permettront notamment d’éclairer les décisions relatives à la construction des écoles, des centres de santé, des routes et au développement des services publics.
Au-delà des chiffres, le RGPH-2 représente ainsi un investissement stratégique pour l’avenir de la RDC. Sa réussite repose sur la mobilisation des agents, mais aussi sur la participation de chaque ménage à cette démarche collective, indispensable à une planification plus efficace du développement national.
Jérémie ASOKO