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RÉPRESSION DU SIT-IN : FAYULU ACCUSE LA POLICE D'AVOIR TIRÉ À BALLES RÉELLES, "Félix Tshisekedi me connaît bien. Il me trouvera sur sa route", prévient le porte-étendard d'Ecidé
Le président de l'ECiDé, Martin Fayulu, a vivement dénoncé vendredi la répression policière ayant émaillé le sit-in de la coalition C64 contre le projet de révision constitutionnelle. Blessé à la tête lors des affrontements survenus aux abords du Palais du peuple, l'opposant accuse les forces de l'ordre d'avoir fait usage de balles réelles contre les manifestants, affirmant que deux personnes ont été tuées au cours de l'intervention.
S'exprimant depuis le siège de son parti, le visage ensanglanté et en attendant son évacuation vers une structure médicale, Martin Fayulu a qualifié les événements de "barbarie", dénonçant une répression qu'il juge disproportionnée contre une manifestation qu'il présente comme pacifique.
"Ce qui s'est passé, c'est de la barbarie. Nous voulions simplement nous rendre au Palais du peuple pour dire aux députés qu'il n'était pas opportun de toucher aux dispositions constitutionnelles concernées par cette proposition de loi", a déclaré le leader de l'ECiDé.
Selon son récit, les leaders de l'opposition s'étaient donné rendez-vous au siège de l'ECiDé avant de prendre la direction du Palais du peuple aux côtés de leurs militants. Face à l'affluence, affirme-t-il, les forces de l'ordre n'auraient pas réussi à contenir la progression des manifestants jusqu'aux abords du Parlement.
"Les policiers voulaient nous empêcher d'avancer, mais vu le nombre de manifestants, ils ont reculé. Arrivés au Palais du Peuple, ils n'avaient plus que leurs armes. Ils ont tiré à balles réelles", a soutenu Martin Fayulu.
MALGRÉ LA DISPERSION, L'OBJECTIF ÉTAIT ATTEINT
L'opposant affirme que ces tirs auraient causé la mort de deux manifestants. Il soutient également que plusieurs militants ont été blessés avant que les forces de l'ordre ne recourent aux gaz lacrymogènes et à des interventions musclées contre les responsables de la coalition.
"Ils ont commencé à nous tabasser. Ils nous ont frappés à coups de matraque à la tête. C'est comme cela que je continue à saigner", a-t-il expliqué, montrant sa blessure à la tête.
Malgré la dispersion du rassemblement, Martin Fayulu estime que l'objectif politique de la mobilisation a été atteint. Selon lui, le sit-in annoncé par l'opposition s'est effectivement tenu devant le Palais du peuple, en dépit du dispositif sécuritaire déployé par les autorités.
"Nous avons dit que nous allions tenir ce sit-in et nous l'avons tenu", a-t-il affirmé.
Profitant de cette prise de parole, l'ancien candidat à l'élection présidentielle s'en est également pris au chef de l'État, Félix Tshisekedi, qu'il accuse de vouloir modifier la Constitution contre la volonté populaire.
"Il comprend désormais que le peuple n'est pas avec lui. Si le peuple le voulait, je le comprendrais. Mais le peuple ne veut pas du changement de la Constitution", a-t-il déclaré.
"FÉLIX TSHISEKEDI ME CONNAÎT BIEN"
Martin Fayulu est allé plus loin en mettant en cause la gouvernance du pays et la gestion de la crise sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo. Il a notamment évoqué ce qu'il considère comme des risques de balkanisation du pays, promettant de poursuivre son combat politique contre toute tentative de révision constitutionnelle.
"Félix Tshisekedi me connaît bien. Il me trouvera sur sa route", a prévenu le "soldat du peuple", déterminé à maintenir la pression contre le projet contesté.
Ces déclarations interviennent quelques heures après une journée de fortes tensions sur le boulevard Triomphal, marquée par des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, plusieurs blessés et de nombreuses arrestations.
Les autorités n'avaient pas encore réagi officiellement aux accusations formulées par Martin Fayulu au moment de la rédaction de cet article.
Jérémie ASOKO