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RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 : 31 millions d'élèves attendus sur les bancs de l'école
Fini les vacances. Après près de trois mois de pause, les cartables reprennent du service et les salles de classe retrouvent leurs occupants. Hier mardi 1er septembre, l'école congolaise a rouvert ses portes à travers le pays.
Près de 31 millions d'élèves, filles et garçons, sont attendus sur le chemin de l'école pour cette nouvelle année scolaire 2026-2027.
À Kinshasa, l'ambiance de rentrée s'est particulièrement fait sentir à l'Institut technique agricole et vétérinaire de N'Sele (ITAV), dans l'est de la capitale. C'est dans cet établissement que la ministre de l'Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a donné le coup d'envoi officiel de la rentrée scolaire nationale, en présence des élèves, des parents, des enseignants, des acteurs du secteur ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Au-delà du rituel de la rentrée, l'enjeu est de taille : remettre près de 31 millions d'élèves sur les bancs de l'école, mais surtout leur garantir des conditions propices à l'apprentissage.
Dans son discours, Raïssa Malu a d'ailleurs donné le ton. Pour la ministre, cette nouvelle année scolaire doit être celle de la concrétisation des réformes engagées au cours des derniers mois.
« Cette rentrée doit maintenant être celle de l'exécution. Au cours des derniers mois, nous avons engagé plusieurs réformes. Notre responsabilité cette année est de faire en sorte qu'elles produisent des changements concrets dans les écoles et surtout dans les apprentissages de nos enfants. La qualité des apprentissages doit être notre première exigence », a-t-elle déclaré.
La ministre a rappelé que l'école ne saurait se contenter d'accueillir les enfants. Encore faut-il qu'elle leur permette d'apprendre, de comprendre, de raisonner et de développer leurs capacités.
Dans cette optique, le gouvernement entend poursuivre la réforme des programmes, renforcer les pratiques pédagogiques et améliorer la formation des enseignants.
Parmi les mesures annoncées figure également le déploiement de 78 cantines scolaires, soit trois par province, une première étape destinée à mieux prendre en compte les conditions concrètes dans lesquelles les enfants apprennent.
À KINSHASA, PLUS DE 3 MILLIONS D'ÉLÈVES ATTENDUS
Dans la capitale, le défi est particulièrement considérable. Plus de 3 millions d'élèves sont attendus cette année dans les établissements scolaires de Kinshasa, soit près de 16 % de l'effectif national.
Présent à la cérémonie, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a salué le choix porté sur la capitale pour abriter le lancement national avant de mettre en lumière les nombreux défis auxquels la ville doit faire face.
« Pour cette nouvelle année scolaire, plus de 3 millions d'élèves sont attendus sur le chemin de l'école à Kinshasa. Ces chiffres illustrent à la fois la vitalité démographique de la capitale et la responsabilité qui est la nôtre », a-t-il souligné.
Face à cette forte affluence, le gouverneur a plaidé pour davantage d'investissements afin d'améliorer l'environnement scolaire.
« Nous devons poursuivre nos efforts pour améliorer les infrastructures scolaires, renforcer les équipements, soutenir les enseignants, améliorer l'environnement d'apprentissage et favoriser l'accès de nos enfants aux outils numériques et aux nouvelles technologies », a déclaré Daniel Bumba.
Pour le gouverneur, l'ampleur des besoins commande de mettre les bouchées doubles et de conjuguer les efforts de l'État, de la Province, des partenaires éducatifs, des enseignants, des parents et de l'ensemble de la communauté.
« Car investir dans l'éducation, c'est investir dans la stabilité, dans le développement et dans l'avenir de notre pays », a-t-il insisté.
L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE S'INVITE
À Kinshasa-Plateau, la nouvelle année scolaire entend également franchir un nouveau cap dans la transformation numérique du secteur éducatif.
Le directeur de la province éducationnelle (PROVED) de Kinshasa-Plateau a placé cette rentrée sous le signe de « la qualité, de la performance et de la responsabilité ».
Parmi les priorités annoncées figurent la digitalisation de l'administration scolaire, l'installation de cantines dans les établissements et surtout l'intégration du numérique et de l'intelligence artificielle dans les pratiques éducatives.
Une orientation qui fait écho au plaidoyer de Daniel Bumba pour faciliter l'accès des élèves aux outils numériques et aux nouvelles technologies.
Au-delà du numérique, les autorités éducatives veulent également renforcer la dimension citoyenne de l'école. Des clubs citoyens doivent progressivement être installés dans les établissements publics et privés agréés, avec l'objectif de faire de l'école non seulement un lieu de transmission des connaissances, mais aussi un espace de formation de citoyens responsables, respectueux du bien commun et attachés à la République.
Si les portes des écoles sont désormais ouvertes, le véritable test commence à présent. Pour Raïssa Malu, une rentrée réussie ne se résume pas à voir les établissements fonctionner dès le premier jour.
Elle doit se mesurer à la présence effective des enseignants et des élèves, au respect du calendrier scolaire, à la qualité des enseignements, à la bonne gestion des établissements et, surtout, aux progrès réalisés par les enfants tout au long de l'année.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO