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REMANIEMENT DU GOUVERNEMENT : Fatshi ouvre un mercato politique sous le sceau de la cohésion nationale
Conscient des enjeux de l’heure sur fond de la crise sécuritaire et humanitaire dans l’Est, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a annoncé, le samedi 22 février, lors d’une rencontre avec les membres de l’Union sacrée la formation imminente d’un gouvernement de la cohésion nationale. Plus qu’un simple ajustement ministériel, il s’agit avant tout d’une réponse nationale à l’agression dont le pays est victime. Face à cette situation, la priorité absolue demeure le salut de la patrie, et ce, au prix de l’unité des acteurs politiques de la majorité présidentielle et de l’Opposition.
L’heure est grave, et le chef de l’Etat le sait. D’un côté, le pays est agressé par les terroristes du M23, soutenus par le Rwanda ; de l’autre, des actes de trahison au sein des Forces armées de la RDC (FARDC) fragilisent la riposte. Conscient de l’urgence, le «coach» Fatshi, en bon stratège, veut modifier son système de jeu en infusant du sang neuf. Son objectif : s’assurer que, sur le terrain, ses «joueurs» seront à la hauteur du combat à mener.
la main tendue au-delà du camp présidentiel
Pour ce faire, le président de la République ouvre le mercato politique. Il va tendre la main au-delà de son propre camp, en allant puiser dans le vivier de l’Opposition, car l’enjeu dépasse les querelles partisanes, c’est avant tout défendre la souveraineté de la RDC et préserver son intégrité territoriale. Ainsi donc, quitter le FC Opposition radicale pour rejoindre le FC Majorité pour cette cause noble, ce n’est ni une honte, ni un péché.
Toutefois, cette ouverture ne se fera pas à n’importe quel prix.Tshisekedi exclut d’emblée ceux qu’il considère comme portant des «intérêts étrangers». Une allusion directe à Moïse Katumbi ? Difficile à répondre. En cas c’ qui est sûr, lors de la campagne présidentielle de 2023, le garant de la nation l’avait désigné comme le «candidat de l’étranger», accusé de défendre les intérêts du Rwanda.
«Je compte dans les prochains jours charger mon conseiller spécial de rencontrer d’autres acteurs politiques congolais, dont ceux qui portent des intérêts étrangers et de les inviter à rejoindre cette coalition nationale, forte et indivisible, qui fera face à l’ennemi. Celui qui acceptera ma main tendue sera le bienvenu et nous discuterons peut-être de la composition d’un gouvernement d’union nationale», a annoncé Félix Tshisekedi.
Des changements dans l’Union sacrée
Au-delà du gouvernement, le président Félix Tshisekedi a également annoncé des changements au sein de la direction de l’Union sacrée, sa coalition politique.
« La semaine prochaine, je vais demander au secrétaire de présenter une nouvelle direction de l’Union sacrée. Ne perdez pas espoir. Nous sommes du bon côté de l’histoire. Nous avons perdu deux batailles, mais nous ne perdrons pas la guerre. Ne me décevez pas, s’il vous plaît faisons cet effort collectif», a exhorté le président de la République.
Le chef de l’État n’a pas caché sa déception vis-à-vis de l’Union Sacrée. Il regrette que peu de membres de cette coalition aient pris l’initiative de mobiliser face à cette crise. Mention spéciale à Bemba, Lihau ou Guy Loando. Eux, qui sans attendre d’instructions, ont pris les devants pour appeler la population et encourager la jeunesse à s’enrôler dans l’armée.
«J’ai vu quelques braves monter au créneau sans attendre d’instructions, comme le VPM Bemba, Lihau ou le ministre d’État Guy Loando. Ils ont pris leurs responsabilités en appelant le peuple à se lever, en exhortant la jeunesse à s’enrôler dans l’armée. Mais, hélas, je n’en ai pas vu beaucoup. Je suis désolé», s'est plaint Félix Tshisekedi.
«Ne soyons pas distraits par des querelles internes, des manipulations extérieures ou des relents tribaux… Nous devons nous unir», a rappelé le chef de l’Etat.
Félix Tshisekedi insiste : la priorité absolue est de défendre la nation contre l’occupation étrangère. «Nous devons nous unir. Le pays est agressé et partiellement occupé à Goma et Bukavu par l’armée rwandaise sous couvert du M23. Nous devons nous mobiliser sans faille», a-t-il martelé.
Pas de dialogue avec le M23
Lors de son intervention, il a dénoncé une fois de plus le rôle du Rwanda et exclu toute possibilité de négociation avec les rebelles du M23, qu’il qualifie de simples instruments au service de Kigali. «Discuter avec le M23, c’est chercher à nous humilier», a déclaré Félix Tshisekedi.
Pour lui, toute négociation doit se faire avec des interlocuteurs sérieux et crédibles, capables de respecter leurs engagements.
«Je veux le dialogue avec les gens qui, lorsqu’on va prendre des engagements, respectent leurs engagements», a-t-il ajouté.
Cette déclaration met fin aux spéculations sur une éventuelle médiation avec le M23, alors que plusieurs acteurs internationaux ont plaidé pour une approche diplomatique du conflit.
Kigali bénéficie du soutien de certaines puissances
Félix Tshisekedi ne s’est pas arrêté à la seule responsabilité du Rwanda. Il a souligné que Kigali bénéficie du soutien de certaines puissances étrangères, qui ont des intérêts économiques et stratégiques en RDC.
«Le Rwanda n’agit pas seul. Des puissances étrangères se cachent derrière lui », a-t-il dénoncé.
Bien qu’il n’ait pas cité de noms, cette déclaration fait écho des soupçons sur l’implication des acteurs extérieurs cherchant à exploiter les ressources naturelles congolaises à travers ce conflit.
Le Président Tshisekedi a également évoqué la situation à Goma et à Bukavu, où les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise, ont intensifié leur offensive. Il a reconnu que la RDC a subi des revers militaires, mais il a insisté sur le fait que la lutte est loin d’être terminée.
«Nous avons perdu deux batailles, mais nous ne perdrons pas la guerre», a-t-il assuré.
Des trahisons au sein des FARDC
Le chef de l'Etat n'a pas mâché ses mots concernant la situation au sein des FARDC. Il a dénoncé la trahison et des actes de sabotage interne qui affaiblissent l’armée sur le front.
«Nos forces ont été trahies de l’intérieur. Ceux qui sont chargés de les encadrer ont pris de l’argent ou ont détourné les ressources destinées à nos troupes. Imaginez : nos soldats se retrouvent une semaine sur le front sans commandement ni ravitaillement ! Nous devons identifier les véritables responsables, remonter la chaîne et reconstruire une armée professionnelle et bien prise en charge.»
Dans la foulée, Félix Tshisekedi a annoncé une «refonte totale» de l’armée. «Ceci devrait intervenir depuis 2022», a-t-il dit.
Rendant hommage aux efforts déployés par les FARDC et les vaillants Wazalendo sur le terrain des opérations, le Chef de l’État a salué la bravoure des troupes. «Nous sommes en train de reconstituer une armée professionnelle et bien prise en charge», a annoncé le Président Tshisekedi.
Un front diplomatique renforcé
Le chef de l’État a mis également en avant les avancées diplomatiques obtenues récemment. Il a souligné notamment une reconnaissance inédite de l’agression rwandaise par la communauté internationale.
Cette prise de position a été concrétisée par l’adoption, le 21 février, de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’Onu, qui exige l’arrêt immédiat de l’offensive du M23 et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Kinshasa considère cette résolution comme une victoire diplomatique, mais Tshisekedi reste prudent.
« C’est la première fois que le Rwanda est officiellement reconnu comme pays agresseur. Cependant, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers. L’ennemi ne lâchera pas prise. Ceux qui veulent piller nos ressources ne vont pas abandonner. C’est tout un système qu’il va falloir démanteler», a averti Félix Tshisekedi.
Si la RDC engrange des succès sur la scène internationale, le président Tshisekedi a rappelé que la vigilance reste de mise.
«Nous avons remporté des victoires diplomatiques, mais la guerre est loin d’être terminée. L’ennemi veut continuer à piller nos ressources. Le combat sera rude, mais nous n’abandonnerons pas. Nous devons déboulonner ce système. »
Christian-Timothée MAMPUYA