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RECRUDESCENCE DES VIOLENCES DANS LA PROVINCE DE L'ITURI, MSF prend en charge des milliers de patients depuis le début de l'année
Dans la province de l'Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) observent les effets d'une recrudescence des violences : des civils blessés par balles, des survivantes de violences sexuelles privées de soins adaptés, et des familles contraintes de fuir. Depuis février 2026, dans la localité de Fataki, MSF a pris en charge des milliers de patients. Malgré ces efforts, la réponse demeure insuffisante face à l'ampleur des besoins.
Les familles déplacées vivent dans des conditions extrêmement difficiles, souvent sans nourriture suffisante ni accès à des services de base. L'eau potable et les installations sanitaires rares, ce qui augmente les risques d'épidémies. Le manque de financement international limite la réponse, alors même que la situation continue de se détériorer.
"MSF continue d'assurer des soins d'urgence, mais l'ampleur de la crise dépasse nos capacités. Sans une réponse rapide dans les secteurs de la santé, de la sécurité alimentaire et de l'eau, l'hygiène et l'assainissement, la protection et sans un accès sécurisé aux populations, la situation risque d'empirer. Nous lançons un appel urgent aux autorités congolaises et à toutes les organisations humanitaires pour renforcer la réponse rapide", plaide Sylvain Groulx, chef des programmes MSF en Ituri.
Au-delà de la santé, la crise à Fataki touche tous les aspects du quotidien des habitants.
"PROTEGER LES POPULATIONS EST UNE OBLIGATION"
Les besoins en nourriture, en eau, en abris et en protection sont immenses. L'insécurité persistante et la volatilité du contexte empêchent l'acheminement de l'aide. Dans plusieurs zones de l'Ituri dont Fataki, des organisations ont été contraintes de suspendre leurs activités, laissant des centaines de milliers de personnes sans assistance vitale.
"Nous souffrons beaucoup ici parce qu'il n'est pas possible de trouver de la nourriture. Aller aux champs est trop dangereux : il y a des tirs du matin au soir, et des personnes ont été tuées", explique Judith, une femme de 33 ans qui est déplacée dans le camp de Fataki. "Ce dont nous avons le plus besoin, c'est de nourriture. L'argent n'est pas prioritaire ou viendra après. S'il y avait une distribution de vivres maintenant, ce serait un grand soulagement pour les populations du site".
À Bule comme dans toute la province de l'Ituri, les civils ne devraient jamais être pris pour cible. Pourtant, chaque jour, les équipes MSF soignent des hommes, des femmes et des enfants victimes de violences. "Protéger les populations est une obligation. Aujourd'hui, les armes parlent fort, et les souffrances ne cessent de s'aggraver dans un silence assourdissant. Nous appelons toutes les parties aux conflits à la stricte protection des populations civiles", exhorte Sylvain Groulx.
PLUS DE 920.000 DEPLACES
Les équipes de MSF interviennent en collaboration avec les autorités sanitaires locales à l'hôpital général de référence (HGR) de Fataki, où elles soutiennent le service de chirurgie traumatologique et l'unité nutritionnelle. MSF intervient également sur la prévention et le contrôle des infections, ainsi que l'hygiène et l'assainissement, afin d'améliorer la sécurité et la qualité des soins. "Malgré cela, l'accès aux soins demeure extrêmement limité et risqué pour les patients, surtout la nuit, en raison de l'insécurité persistante. Plusieurs patients sont plus se déplacer pour chercher des soins", déplore le chef des programmes MSF en Ituri. "Il est urgent et indispensable de mettre en place un couloir humanitaire afin que la population puisse accéder aux services essentiels à sa survie que sont notamment les soins de santé, l'eau et la nourriture".
L'Ituri fait face à une crise humanitaire majeure, marquée par des déplacements internes d'une ampleur sans précédent. Selon les données Ocha, le nombre de personnes déplacées dans la province est estimé à plus de 920.000. La flambée de violences a forcé des dizaines de milliers de personnes à abandonner leurs foyers dans la précipitation. Rien qu'au premier trimestre 2026, on dénombre plus de 100 000 nouveaux déplacés en Ituri.
Fyfy Solange TANGAMU