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RDC : Le BCNUDH recense plus de 500 détenus par les services de renseignements
Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) pointe du doigt les services de renseignements civils et militaires comme des acteurs majeurs des violations des droits de l’homme en RDC. Dans un document rendu public, cette organisation a indiqué que des civils et des militaires ont été arrêtés et détenus par l’ANR, le CNC et l’état-major des renseignements militaires (EMRM), sans supervision d’un juge, ni accès à un avocat, encore moins à leurs familles ou aux soins de santé.Dans son analyse de la situation des droits humains en République démocratique du Congo, couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2025, il recense plus de 500 personnes détenues par les services de renseignements.
Des cas de tortures physiques et psychologiques infligées aux détenus au cours ont été épinglés.
" Le BCNUDH dispose actuellement d'une liste de 503 individus détenus par ces services : 320 à l'EMRM, 33 à l'ANR et 150 au CNC. Certains d'entre eux sont privés de liberté depuis 2023 pour des raisons diverses, notamment des actions liées à l'espace civique, la dégradation de la situation sécuritaire dans les provinces de l'Est, ou encore pour des infractions présumées portant atteinte à l'autorité de l'État. Toutefois, de nombreuses personnes seraient détenues pour des motifs n'entrant pas dans le mandat légal de ces agences ", rapporte le BCNUDH.
En outre, le rapport révèle que le Conseil national de cyberdéfense (CNC), service spécialisé rattaché à la Présidence de la République, a procédé à des interpellations et à des détentions de longue durée. Ce, sans contrôle judiciaire et sans que les détenus puissent consulter un avocat ou contacter leurs proches.
" Les entretiens menés par le BCNUDH auprès des familles de victimes et d’autres sources crédibles indiquent que les personnes appréhendées étaient soupçonnées d'affiliation avec l'ancien président Joseph Kabila ou l'ancien Premier ministre Matata Ponyo, d'avoir publiquement critiqué une mesure officielle, ou encore d’être impliquées dans des conflits fonciers ou différends financiers. Les détenus sont maintenus dans des lieux de détention non officiels à Kinshasa, sans accès à leur famille ni à un conseil juridique ", renseigne le document.
Ledit rapport renchérit qu'il y a eu des actes de torture physique et de simulacres d'exécution durant leur captivité. Le BCNUDH poursuit son plaidoyer auprès des autorités compétentes pour que toutes les personnes détenues dans ces conditions, et dont le nombre pourrait être plus élevé, soient transférées vers les autorités judiciaires compétentes et les affaires les concernant suivant la procédure légale prévue par la législation du pays.
Gloire BATOMENE