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RDC : conflits dans les Kivu, MSF rappelle aux belligérants le respect au droit international humanitaire
Les déplacés vivant dans les camps autour de Goma sont confrontés à des conditions de vie plus en plus difficile dans les camps. Aussi l’Organisation médicale humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) rappelle à toutes les parties belligérantes qu’en temps de conflit, elles sont tenues de respecter le droit international humanitaire et particulièrement les lois relatives à la protection des civils, des établissements de santé, des patients et du personnel médical.
Dans un communiqué rendu public, hier lundi 27 mai, MSF rapporte les conditions difficiles de ces déplacés vivant à proximité de Goma. » À Goma, les personnes déplacées se retrouvent aujourd’hui dans une situation similaire à celle qu’elles avaient initialement fuie : elles sont dans l’insécurité la plus totale et n’ont plus aucune échappatoire. Les camps de déplacés doivent être respectés par toutes les parties au conflit et les combats doivent cesser à proximité « , a fustigé Marie Brun, coordinatrice d’urgence pour MSF à Goma, dans la province du Nord-Kivu.
Ce contexte d’insécurité grandissante, souligne-t-elle, se superpose à des conditions de vie extrêmement précaires. Les personnes déplacées vivent dans des camps densément peuplés, aux conditions sanitaires déplorables sans accès adéquat à l’hygiène, dans des abris faits de bâches en plastique sur des sols jonchés de pierres volcaniques. L’accès à l’eau potable et à la nourriture est très difficile et aléatoire.
Cette situation donne du fil à retordre aux équipes de MSF dans leur travail. Cela entraîne des difficultés de déplacement, d’acheminement de l’aide humanitaire et un accès incertain aux centres de santé. » Malgré la nature médicale et humanitaire de notre réponse à cette crise, le personnel de MSF n’a pas été épargné par les actes d’intimidation d’hommes armés. À plusieurs reprises, MSF a été obligé de suspendre ses activités à cause notamment d’affrontements à proximité des camps de Goma, à Kibirizi, à Bambo et aux alentours de Minova« , a fait savoir la coordinatrice.
23 morts et 52 blessés depuis début février
Toujours selon la source, dans les camps autour de Goma, les tirs d’artillerie lourde entre belligérants ont causé la mort de 23 personnes et fait 52 blessés depuis février 2024. D’après les Nations unies, au moins 18 civils, en majorité des femmes et des enfants, sont décédés et 32 autres ont été blessés lors des bombardements touchant plusieurs sites de déplacés au cours de la seule matinée du 3 mai.
» Depuis le début de l’année, nous avons pu observer des tirs croisés, des explosions de grenades à l’intérieur des camps, de jour comme de nuit. Nous avons recensé 24 incidents impliquant des tirs d’obus à l’intérieur ou autour des camps où nous travaillons et les équipes de MSF ont reçu 101 blessés légers, dont 70% des civils à l’hôpital de Kyeshero, transférés par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) qui prend en charge les patients blessés par arme les plus graves « , témoigne Marie Brun.
Et de poursuivre. » Nous nous inquiétons également de retards dans la prise en charge médicale des patients et patientes qui ont peur de se déplacer, par peur d’être attaqués ou encore violés. Dans les camps de Shabindu, Rusayo et Elohim, nous avons traité plus de 1 700 nouveaux cas de violences sexuelles en avril, dont 70% sont commises sous la contrainte d’une arme. MSF fournit des soins médicaux et psychologiques aux survivants, mais les possibilités d’orientation vers une aide juridique, des abris sûrs et d’autres services de protection sont très limitées « .
Cependant, si la majorité des femmes victimes de violences sexuelles prises en charge par les équipes de MSF rapportent avoir été violées lors de la collecte de bois de chauffage, on observe de plus en plus d’agressions à l’intérieur même des camps. Des cas de viols collectifs ont été également rapportés, peut-on lire dans le communiqué.
Fyfy Solange TANGAMU