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A en croire le Rassemblement des forces vives de Luozi, la population de la cité éponyme va organiser une marche populaire ce mercredi 19 août. L'objectif est de réclamer aux autorités compétentes (gouvernement central et gouvernorat du Kongo Central) un nouveau bac, l'actuel bac étant tombé en…
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Marche à Luozi : la population exige un nouveau bac !
*Dans son mémo, la population s’est adressée au Gouvernement central, n’ayant obtenu aucune solution de la part du gouvernorat du Kongo Central après plusieurs promesses.
Chose promise, chose due. La marche organisée hier mercredi 19 août par le Rassemblement des forces vives de Luozi (Rafovil) a effectivement eu lieu. Une foule importante de la cité de Luozi s’y est donné rendez-vous. À sa tête les dirigeants de cette structure citoyenne.
La marche a commencé à 9 heures. Sous l’accompagnement d’un groupe de flûtistes, les marcheurs ont arpenté l’artère principale de la cité de Luozi jusqu’au fleuve. Ils sont partis du rond-point Ngandu en passant par le Marché central, le nouveau pont, le rond-point Daniel Kanza (ex-Osbi) jusqu’au beach. Ici, ayant aperçu la foule des marcheurs, selon notre source, Mamie Bilongo, l’équipage du petit bac l’a démarré avant de naviguer sur le fleuve. Pourquoi cette fuite ? A-t-il cru que les marcheurs allaient s’en prendre à eux, alors que le combat des marcheurs est le même que le sien : obtenir un nouveau bac ?
« NOUS VOULONS UN NOUVEAU BAC »
Sur le chemin du retour, la marche a pris celui de l’ancien pont Luozi, le rond-point Paul Musoki, l’Institut Mawanda, le virage vieux Masamba, le marché Seraphin, l’Institut Ndwenga, le wenze Masolo, le domicile du feu député Bwana, Grâce à Dieu pour déboucher sur la route Luozi-Nkundi, Dix Étoiles, la DGI, le territoire comme point chute.
Une marche très pacifique, qui a pris plus de quatre heures, de 9 heures à 13h30, a témoigné l’une des marcheuses, Mamie Bilongo.
Durant cette procession, on pouvait entendre : « Bac eee bac : Bac ya sika » sous le rythme des tambours. Sur une banderole, on pouvait lire un message en kikongo « Bac kiamona tuzolele. Luozi en danger », à traduire en français par « Nous voulons un nouveau bac ». Une demande renforcée par des déclarations des marcheurs qui disaient « Nous demandons un nouveau bac. Nous en avons assez des anciens bacs », à en croire des images vidéo obtenues de la source.
Certains internautes n’ont pas manqué de commenter avec dérision sur les réseaux sociaux la photo du petit bac en ces termes : « S’agit-il d’un bois sur lequel on a placé un moteur ? »
Dans son mémo, lu par son coordonnateur Eugène Kanza et remis à l’administrateur du territoire de Luozi, Célestin Lusiama, le Rafovil exprime sa déception face à la situation que vit la population de Luozi concernant le mauvais état du bac. Il a déclaré ne plus faire confiance aux autorités de la province après plusieurs promesses non tenues.
JUDITH SUMINWA PRISE AU MOT
Aussi interpelle-t-il, dans ce document, la Première ministre, Judith Suminwa, en la prenant au mot, après son meeting tenu à Luozi il y a deux ans « Nayebi pasi na bino. Ya liboso courant, ya mibale nzela, ya misatu bac », à traduire par « Je connais vos principales difficultés. La première, c’est le courant, la deuxième, c’est la route et la troisième, le bac ».
Et de lui demander pourquoi et jusque quand Luozi sera oublié et abandonné. Dans la foulée, la société civile alerte sur le danger que court la population de Luozi comme le drame qu’elle avait connu en 1995 avec le naufrage du bac Kidicho.
Lassé par les nombreuses promesses non tenues des dirigeants, le Rafovil annonce une descente dans les prochains jours au chantier de Chanic, à Kinshasa, pour faire le contrôle et le suivi de la construction des prétendus bacs commandés par le gouvernorat du Kongo Central.
« Luozi ne demande pas une faveur mais ne réclame simplement que son droit qui, d’ailleurs, est une priorité et non une promesse. Notre cri d’alarme d’aujourd’hui doit demeurer un signal fort car on se sent abandonné (…) ».
Luozi ne fait que réclamer ses droits : « Nous avons droit à la santé, à la mobilité, au développement et à l’énergie (courant et eau). Luozi a besoin d’un nouveau bac, oui, c’est possible (…). Luozi demande un nouveau bac (…). », peut-on lire dans ce mémo dont Forum des As a obtenu copie.
En interpellant ses élus : la sénatrice Ngudianza, le député national Bila, le président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central ainsi que le député provincial Daniel Wasi, le Rafovil leur dit attendre leur réaction « à la rentrée parlementaire de septembre pour fustiger la manière dont leur territoire est négligé ».
« S’IL Y A NAUFRAGE, NOUS NE SERONS PAS TENU RESPONSABLE »
Joint au téléphone après la marche de ses électeurs de Luozi, le député national Bila n’a pas mis sa langue en poche. Il regrette qu’en dépit de ses nombreux plaidoyers et alertes au sujet du bac, rien ne se soit fait pour résoudre ce problème.
Il met en garde les Exécutifs tant central que provincial contre tout éventuel danger qui peut subvenir à Luozi. Il reste formel quant à l’usage de ces deux bacs de Luozi : ils ne doivent plus servir à assurer les traversées.
« Nous alertons, nous alertons, nous continuons à alerter, mais nous ne sommes pas des décideurs. S’il y a naufrage, nous ne serons pas tenu responsables. Le petit bac n’est pas fait pour naviguer sur le fleuve. Y compris le grand bac. Le seul moyen est de doter Luozi d’un nouveau bac », a déclaré l’Honorable Bila. N’étant pas de l’exécutif, il se dit, du reste, incapable de résoudre ce problème qui relève de l’exécutif.
Quant aux deux bacs prétendument avoir été commandés par le gouvernorat du Kongo Central, il n’a pas caché son scepticisme, d’autant plus qu’il lui est difficile d’aller vérifier sur le chantier de Chanic.
Toutefois, il reste convaincu que le président de la République va résoudre ce problème.
« Nous avons un président qui aime son peuple et un gouvernement qui aime aussi son peuple. L’alerte de Luozi va certainement pousser les décideurs à faire quelque chose. Nous sommes des élus des vivants et non des morts, comme nous avons aussi un gouvernement des vivants et non des morts. Nous ne voulons pas voir un gouvernement qui viendra enterrer des morts », s’est enflammé l’élu de Luozi.
Kléber KUNGU